Jean-Claude Trichet fait redescendre l'euro après son nouveau record

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A nouvelle semaine, nouveau record pour l'euro. La monnaie unique a en effet encore une fois profité de la faiblesse du billet vert pour établir lundi matin un record historique. Sur le marché londonien, il a fallu jusqu'à 1,2899 dollar pour obtenir un euro. Le précédent record, qui se situait à 1,2872, a donc été effacé alors qu'il n'avait été établi que vendredi soir. A noter que les autres grandes monnaies suivaient cette tendance, notamment la livre sterling qui a connu un plus haut depuis septembre 1992 face au billet vert. Ce mouvement s'est cependant brutalement inversé après des déclarations de Jean-Claude Trichet. Le président de la BCE s'exprimait à Bâle dans le cadre de la réunion du G-10, qui regroupe les dix banquiers centraux les plus puissants du monde. L'ancien gouverneur de la Banque de France, qui est ausssi l'actuel président du G-10, a indiqué que les "mouvements brutaux des devises n'étaient pas les bienvenus". "Nous devons rester vigilants pour que la forte reprise de l'économie soit durable", a-t-il ajouté. Un peu plus tôt, son homologue japonais Toshihiko Fukui avait déclaré que "la question des taux de change est un facteur de déstabilisation pour chaque pays".Aussitôt après les déclarations de Jean-Claude Trichet, l'euro a fortement reculé, perdant immédiatement près de 0,50 cent. L'euro est même passé sous 1,28 dollar. Vers 18 heures, il fallait 1,2804 dollar pour un euro. Mais les tendances de fond justifiant la faiblesse du dollar n'ont pas changé. "Les investisseurs ont profité de l'occasion pour prendre des bénéfices, c'est une bonne excuse alors qu'il n'y avait pas d'indicateurs aujourd'hui pour faire bouger les devises", explique ainsi Nick Parsons, analyste chez Commerzbank, qui ajoute: "le potentiel de hausse de l'euro est intact". Car, évidemment, les chiffres décevants de l'emploi américain ont affaibli encore le dollar vendredi. Les déclarations dimanche de l'économiste en chef de la Bundesbank Hermann Remsperger avaient également joué en faveur de l'euro. Ce dernier a en effet considéré que la hausse de la pièce bicolore "ne gênait pas" la reprise allemande. Une déclaration considérée par les marchés comme une confirmation que la BCE ne bougera pas pour le moment. Du coup, selon Audrey Childe-Freeman, économiste à la Banque CIBC, interrogée par l'AFP, "le dollar est encore moins attractif qu'il y a une semaine". Et beaucoup d'observateurs s'attendent à ce que la barre de 1,30 dollar soit franchie cette semaine.

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