Haro sur la Commission après sa plainte contre l'abandon du Pacte de stabilité

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La décision de la Commission européenne de porter devant la Cour européenne de justice l'entorse au pacte de stabilité acceptée par le conseil des ministres du 25 novembre (lire ci-contre) ne fait pas l'unanimité. Mercredi matin, le ministre des Finances irlandais Charlie MacCreevey, dont le pays occupe actuellement la présidence de l'Union, a déclaré qu'il "aurait préféré que la Commission ne se soit pas lancée dans cette procédure". Le Premier ministre irlandais s'est cependant voulu plus modéré en précisant que cette procédure était "l'affaire de la Commission".En fait, la décision de Bruxelles est même critiquée par certains pays dont la position était clairement opposée à l'accord du 25 novembre. Ainsi, dans une interview accordée à Die Presse, le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel a déclaré: "je ne pense pas que le choix du conseil des ministres soit bon, mais je pense aussi désormais que la décision de la Commission est mauvaise". Selon l'homme fort de Vienne, une bataille entre les différentes institutions de l'UE est un "mauvais signal". Plus violent, le ministre italien de l'Economie Giulio Tremonti a jugé la position de la Commission "stupide, car peu flexible". Selon lui, il est "étrange" que Bruxelles porte plainte contre "une interprétation plus flexible et intelligente du pacte". Mais ces propos ne sont pas exempts d'arrière-pensées: Romano prodi est actuellement perçu en Italie comme l'adversaire principal du gouvernement Berlusconi.Sur un plan plus économique, une étude de la première banque danoise Danske Bank estime que dans cette procédure "il n'y a pas de gagnants, mais en revanche beaucoup de perdants". La banque danoise souligne en effet que "les Etats de l'UE sont encore très différents et que les institutions européennes ne sont pas en ligne avec cette réalité". Pour finir, l'euro pourrait être affecté durablement, selon cette étude, par ces différends intra-européens. Le président de la Commission Romano Prodi a jugé, devant le Parlement européen que "c'est un devoir de la Commission de rappeler au rappel des règles". "Cela a été une décision douloureuse pour moi, difficile à prendre", a toutefois avoué l'ancien président du Conseil italien avant d'appeler les députés européens à l'aider à "présenter des propositions capables de donner un nouvel élan et un nouveau développement à la politique européenne". De son côté, le commissaire aux Affaires économiques Pedro Solbes a tenté de justifier la position de l'exécutif européen. Dans une interview à une radio espagnole, il a indiqué qu'il était "absolument indispensable que tous les pays soient traités de la même manière et qu'à l'avenir nous appliquions le même système pour tous à l'avenir". Selon lui, la Cour de Justice de Luxembourg aura à décider "quel modèle" sera la référence en matière budgétaire à l'avenir: celui du Pacte de stabilité ou celui accordé à la France et à l'Allemagne. En tout cas, Pedro Solbes demande une "égalité de traitement" pour tous les Etats membres.

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