Les ménages américains retrouvent la confiance

 |  | 664 mots
Lecture 3 min.
Malgré les signes de ralentissement de la consommation, les ménages américains seraient-ils de plus en plus optimistes ? C'est ce que laisse entendre l'indice préliminaire de l'Université du Michigan qui, contre toute attente, a progressé de plus de 10 points à 103,2. En décembre, il n'était que de 92,6 et personne ne s'attendait à une telle poussée. Le consensus Reuters s'établissait ainsi à 94. Les deux composantes de l'indice montent en flèche. Le sous-indice des attentes passe ainsi de 89,8 à 99,5 en un mois et celui de la situation présente progresse de 11,9 points à 108,9. L'indice n'avait pas atteint un tel niveau depuis novembre 2000. Ce retour de l'optimisme ne manquera cependant pas d'étonner. Les dernières statistiques disponibles montraient en effet une tendance des ménages américains à réduire leur consommation pour accroître leur épargne. Signe d'une inquiétude en partie due au difficile marché de l'emploi. Mais, selon l'Université du Michigan, l'amélioration de la situation économique semble faire son effet sur les ménages et beaucoup espèrent un retour à de meilleures conditions sur le front de l'emploi. Selon l'économiste de HSBC Ian Morris, "c'est un signe que le marché du travail s'est condiérablement amélioré durant les deux premières semaines de janvier". Reste désormais à savoir si cette bouffée de confiance se traduira concrètement en termes de dépenses. Car les statistiques restent pour le moment moroses, comme le montre le ralentissement de la production industrielle américaine en décembre. Cette dernière a à peine progressé de 0,1% sur un mois. Ce chiffre montre évidemment un net ralentissement par rapport au mois de novembre où la progression avait été de 1%, mais c'est aussi une nouvelle déception au regard du consensus Reuters qui prévoyait une hausse de 0,4% en décembre. En revanche, la hausse de 0,3% de la production manufacturière (hors énergie et agroalimentaire) est un peu au-dessus des prévisions du marché (+0,2%), mais là aussi on doit constater un ralentissement par rapport au mois de novembre où la hausse avait été de 1% également.Première raison à cette nouvelle déception: le ralentissement de la consommation. Comme l'a montré hier le chiffre des ventes de détail (lire ci-contre), les ménages américains sont vraisemblablement entrés dans une phase de désendettement et de reconstitution de leur épargne au détriment de la consommation. Et les entreprises industrielles en tirent les conséquences: la production de biens de consommation non durable baisse de 0,3%. Certes, celle de biens de consommation durable grimpe de 0,2% (contre +0,7% en novembre) sur un mois, mais certains secteurs importants baissent notablement: l'électronique domestique (-1,3%) et les appareils domestiques et le mobilier (-3%). Plus inquiétant en revanche: le recul de la production de biens d'équipement professionnel de 0,1%. Il semble donc également que la demande en provenance des entreprises marque le pas, notamment dans le domaine de la high-tech, où la production baisse de 0,8% sur un an (contre +2,4% et +0,9% au cours des deux derniers mois). La question de la fin du cycle de renouvellement des investissements technologiques risque donc de se poser. Ce chiffre semble donc confirmer ceux déjà parus ces jours-ci: l'économie américaine ralentit. Elle reste cependant à des niveaux historiquement hauts. Ainsi, sur les trois derniers mois de l'année 2003, la production industrielle a progressé de 6,2%, sa plus forte hausse depuis le deuxième trimestre 2000. Si elle ne devrait pas se poursuivre au rythme du troisième trimestre, la croissance devrait donc demeurer forte.Reste qu'il convient de ne pas minimiser les risques. Un ralentissement simultané de l'investissement et de la consommation pourrait couper les ailes de l'économie américaine. D'autant que rien ne laisse présager une amélioration sur ce plan: le taux d'utilisation des capacités de production est demeuré très faible, à 75,8% (inchangée sur un mois). Un chiffre qui signifie que la marge de productivité reste importante pour l'industrie américaine pour le moment. Les emplois attendront donc encore.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :