Retour morose d'Eircom sur les marchés

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Triste retour boursier pour Eircom. La compagnie de téléphonie fixe irlandaise a commencé sa cotation vendredi à Dublin après trois ans d'absence sur une note négative. Quelques minutes après le début des transactions, l'action Eircom a cédé jusqu'à 4,5% à 1,48 euro. L'action est remontée légèrement par la suite, ne cédant plus, à la clôture que 0,7% à 1,54 euro. Une bien mauvaise nouvelle trois jours avant l'entrée en Bourse du dernier grand opérateur historique européen qui en était absent, Belgacom. Il convient cependant de noter que cette première cotation d'Eircom ne concernait pas les particuliers et était réservée aux institutionnels. La cotation officielle de l'opérateur devrait débuter le 24 mars.Eircom avait été racheté en 2001 par un groupe d'investisseurs qui l'avait retiré de la cote et avait cédé à Vodafone sa branche mobile. Aujourd'hui, ces investisseurs, parmi lesquels le fonds d'investissement Providence et George Soros, se retirent du groupe qui revient donc sur le marché. Le prix de vente de l'action était de 1,55 euro, ce qui valorisait l'ensemble du groupe à 1,15 milliard d'euros. Les doutes sur le succès de l'opération avaient débuté avec la fixation du prix de vente des actions à 1,55 euro, soit en bas de la fourchette proposée par Eircom (entre 1,48 et 1,75 euro). Pourtant, le directeur général du groupe, Philip Nolan, avait jugé que l'offre "avait été bien reçue, compte tenu des conditions difficiles du marché". Les investisseurs entendaient récolter 850 millions d'euros de cette introduction. Ils ne toucheront que 800 millions d'euros. Une déception, donc. Comment l'expliquer ? Par deux raisons essentielles. D'abord, comme le souligne un gérant britannique cité par Bloomberg, "les opérateurs fixes sont actuellement sous pression". Il est vrai qu'Eircom n'a perdu que 16% de son marché domestique, mais le groupe, comme tous les opérateurs historiques, est sur la défensive, et la téléphonie fixe n'est plus la manne qu'elle était voici quelques années. Il suffit d'examiner les comptes de France Télécom pour s'en rendre compte. Deuxième raison à ce demi-échec de l'introduction d'Eircom, la situation financière dans laquelle le pool d'investisseurs laisse la société. La dette s'élève à 2,15 milliards d'euros, soit dix fois plus que lors de son retrait de la cote en 2001. La valeur d'entreprise de la société est donc de 3,3 milliards d'euros, soit 5,5 fois le résultat brut d'exploitation attendu pour l'exercice 2003/2004. Une valorisation qui, si l'on en croit les données de Merrill Lynch, situe Eircom dans la moyenne des opérateurs fixes européens. Il semble que les investisseurs considèrent cette valorisation un peu ambitieuse et estiment que la société mérite une décote. D'autant que, par cette IPO, Eircom ne touchera que 300 millions d'euros issus de l'émission d'actions nouvelles. Un chiffre dérisoire au regard de la dette.Bref, les grands gagnants de cette opération devraient être les investisseurs qui ont acheté Eircom en 2001 et qui ont gagné 60% dans cette revente. A l'issue de l'opération, le groupe aura un flottant représentant 70% de son capital. Les 30% restants seront détenus par le groupe des salariés de Eircom, puisqu'ils ont décidé de suivre l'augmentation de capital du groupe. Quant aux autres investisseurs, ils ont liquidé l'intégralité de leurs positions.

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