Poursuites de Lastminute.com France contre Voyages-Sncf.com

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"Sncf.com a opéré un glissement progressif d'un service public vers une entreprise commerciale invisible pour le consommateur. Nous allons donc déposer une saisine auprès du Conseil de la concurrence à l'encontre de Voyages-Sncf.com". Le directeur général de Lastminute.com, Pierre Paperon, se veut clair: il ne peut tolérer la "concurrence déloyale" que le site de l'entreprise publique imposerait, selon lui, à son groupe. Il s'apprête donc à déposer sa plainte dans les deux premières semaines de juin. De son côté, Voyages-Sncf.com, interrogé par latribune.fr, s'est refusé à tout commentaire.Le dossier de la filiale française de l'agence britannique de vente de voyages en ligne s'articule autour de ce qu'elle considère comme un "détournement" de la mission originelle de service public de la SNCF: faire vendre des trajets en train. Le slogan "A nous de vous faire préférer le train" ne représenterait plus la réalité. "Lorsque l'on se rend sur le site, la partie de la page de réservation destinée au train est moitié moindre que les publicités et les incitations aux voyages organisés et aux trajets en avion, assure Pierre Paperon. Les utilisateurs qui cliquent sur ces liens sont alors détournés vers le site de voyage de la SNCF, géré par Expedia, une agence américaine de voyages en ligne qui va d'ailleurs bientôt ouvrir son propre site en France. Cela n'est d'ailleurs pas clairement indiqué sur le site puisque le nom d'Expedia n'apparaît qu'en tout petit dans les mentions légales. En tant que concurrent, nous sommes donc cernés par Expedia."D'autant que selon le patron de Lastminute.com, le site de la SNCF abuserait de sa position dominante, en obligeant les clients potentiels à recevoir sa lettre d'informations pour pouvoir finaliser leurs achats de billets en ligne. "Les clients doivent cocher une case pour valider leur sélection. Les explications présentes sous cette case indiquent très clairement qu'ils sont alors susceptible de recevoir des informations promotionnelles de la part de la SNCF et de ses filiales. Or, depuis le 1er janvier la législation européenne rend illégal ce genre d'opération, nommées "opt-out" ." De plus, précise Pierre Paperon, "la lettre d'informations envoyée par le site de la SNCF ne traite absolument pas de train. Il n'y est question que d'avion et de voyages organisés".Face au poids pris par ce concurrent, "dont la croissance actuelle approche les 90%, soit bien au-delà des chiffres de l'ensemble du secteur, autour de 40 à 60%", Lastminute.com a donc décidé d'agir "avant qu'il ne soit trop tard". L'entreprise réclame "la réparation du préjudice financier pour Lastminute.com et les autres acteurs du secteur, l'arrêt immédiat de l' "opt-out" dissimulé, la mise en place d'une page permettant à l'internaute de choisir entre les différentes offres" des acteurs du secteur. En attaquant le site de la SNCF, le groupe espère également mettre en lumière les avantages reçus par Expedia, "qui avec l'argent ainsi gagné va pouvoir lancer une importante campagne de publicité, ce qui nous obligera à notre tour à sur-investir de 5% à 6% dans notre budget marketing. Au final, c'est le client qui paye".

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