Air Liquide rachète des activités de Messer Griesheim pour 2,68 milliards d'euros

Air Liquide passe à l'offensive. Le groupe de gaz industriels, peu connu pour ses opérations aventureuses, a annoncé mardi matin l'acquisition des activités de l'allemand Messer Griesheim en Allemagne, au Royaume-uni et aux Etats-Unis. Le montant de la transaction s'élève à 2,68 milliards d'euros, soit, selon le groupe, 2,57 fois le chiffre d'affaires 2003 des activités rachetées (1,04 milliard d'euros) et 10,1 fois le résultat brut d'exploitation de l'an passé. En fait, compte tenu des désinvestissements que pourraient exiger les autorités de la concurrence, la facture devrait être moins forte et ne représenter que 7,1 fois le résultat brut d'exploitation 2003. "Le projet d'acquisition des activités de Messer Griesheim représente une opportunité exceptionnelle dans le secteur des gaz industriels (...) et constitue une nouvelle avancée majeure pour le groupe", a déclaré dans un communiqué Benoît Potier, président d'Air Liquide. Il est vrai qu'avec cette opération, le groupe français prend notamment une place centrale sur des marchés où il était peu présent, comme l'Allemagne, et renforce sa position aux Etats-Unis. Reste cependant à obtenir l'accord des autorités américaines et européennes de la concurrence. Les deux parties semblent y avoir beaucoup réfléchi. D'abord parce qu'Air Liquide ne rachète pas l'ensemble des activités de Messer Griesheim, mais également parce qu'un programme de désinvestissement très large est prévu. Les cessions pourraient représenter près de 20% du chiffre d'affaires des activités achetées par Air Liquide. Néanmoins, une clause prévoit l'échec de la transaction. Le groupe français devrait alors payer des indemnités allant jusqu'à 8% du montant de la transaction, soit 215 millions d'euros. En ce qui concerne le financement, Air Liquide fait encore une fois preuve de sa prudence. Certes, l'opération sera intégralement payée par de l'endettement, mais il s'agit pour le groupe français de préserver son importante réserve de liquidités. Par ailleurs, Messer Griesheim disposant également d'une montagne de cash, le bilan du groupe n'est pas mis en danger. D'autant plus que le gearing (ratio des dettes nettes sur les fonds propres) du groupe français reste très bas et devrait le rester: actuellement de 40%, il devrait demeurer sous les 65% dès 2005. Enfin, Air Liquide assure à ses actionnaires que l'opération, qui pourrait permettre 100 millions d'euros de synergies en 2006, sera relutive dès la première année.L'opération ne devrait donc pas modifier considérablement le profil de l'action Air Liquide. Reste que Tony Cox, analyste chez Dresdner Bank, se demande si le groupe n'a pas souhaité payer un prix "assez élevé" pour couper l'herbe sous le pied de ses concurrents, comme l'américain Praxair ou l'allemand Linde, qui étaient également intéressés par Messer Griesheim. Winfried Becker, analyste chez Sal Oppenheim, confirme que ce prix paraît ambitieux au vu des multiples avancés. Mais la valorisation raisonnable du titre (6% de prime avec de bons ratios) permet de voir venir, même si une correction est inévitable. En clôture, l'action cédait 1,95%.

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