"Des rapprochements entre casinos de second rang sont envisageables "

latribune.fr- Le rapprochement entre Accor Casinos et Barrière a-t-il du sens selon vous?Patrick Jousseaume- L'opération n'est pas vraiment surprenante. Elle concerne les numéros 2 et 3 du secteur, deux groupes qui par ailleurs avaient déjà de nombreux liens. Pour Accor, c'est un moyen d'accroître sa position dans le secteur du jeu, ce qu'il avait déjà tenté de faire en 2002 en lançant une OPA sur Européenne de Casinos, contrée par Groupe Partouche. Néanmoins, Accor n'aura, à court terme, que 34% du nouvel ensemble, leader en France et en Europe, alors qu'il détenait 50% d'Accor Casinos.Reste-t-il des opportunités dans ce secteur qui paraît désormais étroit?Les opportunités peuvent être de plusieurs natures. D'abord, les ouvertures de casinos devraient se poursuivre. La future implantation de Groupe Partouche au Havre en est un exemple. Les villes de Toulouse et de Lille vont également lancer des appels d'offres. Ensuite, le secteur peut profiter de la position du gouvernement, qui depuis près d'un an se montre plus libéral sur le développement des parcs de machines à sous. Reste que pour les structures plus petites (Moliflor, Tranchant, Emeraude, Arev...), la situation devient complexe. Face aux deux poids lourds du secteur, qui représentent 60% de parts de marché en France, elles risquent d'être marginalisées vis-à-vis des municipalités avec lesquelles elles doivent traiter. Des rapprochements entre acteurs de second rang me semblent donc envisageables dans les mois à venir.Après une année 2003 record, le produit brut des jeux peut-il encore progresser cette année?2003 a été une année record, mais elle a aussi confirmé le ralentissement de la croissance du secteur. Après les taux de croissance annuelle de 10 à 20% rencontrés dans les années 90, grâce à la montée en puissance des machines à sous, le secteur apparaît aujourd'hui plus mature [ndlr : le produit brut des jeux a augmenté de 3,68% en 2003]. Toutefois, plusieurs facteurs ont pesé sur la progression de l'activité l'an passé, comme les suites du passage à l'euro ou la moindre fréquentation de la clientèle étrangère. On peut donc espérer en 2004, ainsi que nous l'ont laissé entendre nos contacts avec Groupe Partouche, une croissance plus dynamique qu'en 2003, sans pour autant renouer avec un taux de croissance supérieur à 10%.Au vu du comportement du secteur ces dernières années, peut-on dire que le jeu est un secteur qui "surfe" sur la crise?Traditionnellement aux Etats-Unis, on estime qu'en période de crise les gens se ruent sur les jeux d'argent. En France, il est plus difficile de tirer des conclusions, car l'implantation des jeux y est plus récente. Pour ma part, je crois que les casinos se portent tout de même mieux en période de croissance. Ils sont moins sensibles à la conjoncture que d'autres entreprises, mais le secteur des casinos n'est certainement pas contra-cyclique.Le gouvernement étudierait la possibilité d'autoriser les machines à sous dans les bateaux de croisière et dans les bars. Quel impact une telle mesure pourrait-elle avoir sur le secteur?L'installation de machines sur les bateaux battant pavillon français ne pénaliserait en rien les casinos français. Elle pourrait même au contraire attirer de nouveau clients vers le jeu. Quant à une autorisation pour les bars, il n'y aurait pas, d'après mes informations, de projet concret en la matière de la part du ministère de l'Intérieur. Si tel était néanmoins le cas, ce qui me paraît très improbable, cela serait surtout préjudiciable aux actuels appareils illégaux. Les casinos ne seraient évidemment pas épargnés. Il est toutefois difficile d'en évaluer l'impact avec précision.Les jeux en lignes pourraient-ils alors être un relais de croissance crédible pour les exploitants de casino?Ce serait avant tout pour eux un moyen de concurrencer la Française des Jeux et le PMU. Mais là aussi, il est difficile d'avancer des chiffres.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.