Royal Bank of Scotland indécis face à son trésor de guerre

Royal Bank of Scotland (RBS) laisse planer le doute. La banque britannique qui dispose d'un trésor de guerre en cash de 10 milliards de livres (près de 15 milliards d'euros) n'a pas encore décidé si elle devait se lancer dans une nouvelle acquisition ou si elle préférerait utiliser ces liquidités pour racheter ses propres titres et récompenser, ainsi, ses actionnaires. RBS est souvent cité comme un éventuel repreneur pour une des nombreuses proies possibles dans le secteur : Société Générale, Commerzbank, HVB,...Le président de RBS, Fred Goodwin, a ainsi reconnu qu'il existait actuellement un "grand nombre d'acquisitions possibles", notamment du fait de la faiblesse du dollar, aux Etats-Unis. "Nous sommes en position de faire des achats, tant en termes humain que financier", a-t-il ajouté avant de corriger: "Nous n'avons pas besoin de faire des acquisitions pour le moment". Reste que les paiements liés à l'achat en 2000 de NatWest sont terminés. Le cash flow cette année devrait donc être encore considérable. Fred Goodwin a donc indiqué que des rachats d'actions pourraient être une possibilité. Difficile donc d'y voir clair. D'autant qu'en guise de conclusion, le président de la banque écossaise résume : "prévoir ce que nous allons faire, c'est un peu comme prévoir le temps qu'il va faire". En attendant, RBS reste on ne peut plus solide. Le groupe a affiché pour 2003 une hausse de 29% de son bénéfice imposable à 6,16 milliards de livres (9,17 milliards d'euros). Un chiffre qui s'inscrit dans le haut de la fourchette des prévisions d'analystes et qui est en grande partie dû à la baisse des coûts, ainsi qu'aux bonnes performances des divisions Corporate banking et de sa filiale américaine Citizen. Les déclarations de Fred Goodwin ont été bien accueillies par le marché. Le titre progresse de 5,99% en fin de journée à Londres. Mais les investisseurs ne sont pas tous d'accord sur l'interprétation de ces paroles. Ainsi, pour Noël Reynolds, analyste chez Commerzbank, Fred Goodwin a exclu la possibilité d'une offre géante sur une banque concurrente. "Nous étions inquiets qu'ils puissent utiliser leur cash pour une opération destructrice de valeur", affirme-t-il, estimant que "la meilleure acquisition que puisse faire RBS, ce sont ses propres actions". Ce n'est pas l'avis d'un gérant britannique interrogé par Bloomberg qui remarque que RBS a une expérience immense des acquisitions. "Ils disposent de services entiers dont le travail consiste à réaliser des réductions de coûts lors d'opération de fusions-acquisition". Le suspense risque donc de durer encore longtemps.

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