L'OPA de Sanofi suscite de vives réactions outre-Rhin

On ne s'attendait pas à une réaction différente. Au lendemain de l'offensive lancée par Sanofi-Synthélabo, Igor Landau, président du directoire d'Aventis, a demandé au conseil de surveillance de rejeter l'offre de 47,8 milliards d'euros lancée par son concurrent (voir ci-contre). La veille, la direction du laboratoire franco-allemand avait déjà annoncé qu'elle rejetait cette initiative.Si le patron de Sanofi, Jean-François Dehecq, a plaidé l'urgence de la situation, Igor Landau ne voit pas pour sa part l'utilité d'une fusion. "Ils ont peut-être besoin de nous, mais nous n'avons pas besoin d'eux", a-t-il lancé lors d'une conférence téléphonique, estimant que cette offre reflétait surtout les propres faiblesses de Sanofi (le président de Sanofi avait indiqué un peu plus tôt qu'il se faisait prédateur pour ne pas devenir proie).En tout cas, en Allemagne, où le groupe emploie quelque 9.000 personnes, l'OPA suscite des craintes. Notamment après la confirmation par une source proche d'Aventis contactée par l'AFP que l'opération pourrait se solder par 10.000 à 12.000 suppressions d'emplois. "Les 1,6 milliard d'euros de synergies envisagées par Sanofi équivaudraient à peu près à ce chiffre, soit environ 10% des effectifs des deux groupes", a-t-on expliqué à l'agence de presse. Certes, ces chiffres n'ont aucun caractère officiel et ont d'ailleurs été contestés par un responsable syndical d'Aventis. Mais ils ne manquent pas d'alarmer les responsables politiques locaux. Le ministre-président du Land de Hesse (où sont concentrés les effectifs d'Aventis) a ainsi appelé Berlin à intervenir pour empêcher la fusion. Le gouvernement a répondu qu'il avait "des contacts avec le gouvernement français" au sujet de l'impact social de ce raid boursier.La France pourrait aussi être touchée. En cas de succès de l'offre, Sanofi vendra son usine de Notre-Dame-de-Bondeville (Seine-Maritime), qui compte 650 salariés et fabrique les médicaments Arixtra et Fraxiparine, a confirmé la direction du groupe.Pour l'heure, les salariés (surtout du côté d'Aventis) préfèrent donc rester sur la défensive. L'ASAVE, Association des actionnaires salariés et anciens salariés d'Aventis, qui possède environ 4% du capital du groupe, a d'ailleurs annoncé mardi qu'elle rejetait l'offre de rachat de Sanofi-Synthélabo. "Sans être hostile sur le fond à un rapprochement concerté", elle dénonce "le caractère hostile et pingre" de la proposition de Sanofi.

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