Un patron stable à la tête de Statoil pour oublier les affaires

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Le grand chambardement continue au sein du capitalisme norvégien. Après l'échec de la fusion entre Statoil et Norsk Hydro et la réorganisation d'Aker Kvaerner (lire ci-contre), on a assisté lundi matin à un étonnant échange de dirigeants. Précisément, le directeur général d'Aker Kvaerner, Helge Lund, prendra le même poste chez Statoil. Il remplace Inge Hansen, directeur général par intérim de Statoil, qui, lui, prendra sa place chez Aker Kvaerner. La nomination d'un directeur général stable chez Statoil était devenue urgente pour le groupe pétrolier norvégien détenu à 82% par le gouvernement d'Oslo. Il faut dire que l'intérim d'Inge Hansen durait depuis sept mois, c'est-à-dire depuis la démission de Olav Fjell. Cette démission, en septembre avait secoué le monde économique norvégien. Statoil avait en effet été accusé d'avoir versé des prébendes à un cabinet de conseil proche du gouvernement iranien afin d'obtenir des droits sur un champ pétrolifère du pays. Les investisseurs désiraient, depuis, avoir une vision claire de la stratégie de Statoil. Une vision qui était évidemment impossible compte tenu de la situation instable d'Inge Hansen. A peine nommé, Helge Lund a donc mis les choses au point: "La stratégie internationale du groupe ne sera pas changée", a-t-il ainsi affirmé. Statoil essaie depuis quelques années de se diversifier géographiquement pour éviter de se laisser piéger par l'épuisement des gisements de la mer du Nord. Mais Helge Lund veut cependant mettre son empreinte sur la stratégie de Statoil. "Je crois possible, même si cela est difficile, de faire des affaires à l'international dans une optique éthique". Et d'ajouter que sa pensée était avant tout "à long terme". Statoil a donc, avec son nouveau directeur général, pris le parti du "développement durable". En tout cas, la nomination, tant attendue, de Helge Lund, fait l'unanimité dans le royaume nordique. Son expérience dans le secteur pétrolier est appréciée des investisseurs et des syndicats. Ces derniers craignaient un tour de vis sévère. Apparemment, ils sont rassurés. Lill-Heidi Bakkerud, président de la principale centrale syndicale du groupe, a ainsi jugé que cette nomination est "très positive". "Nous avons eu un bon dialogue avec le conseil d'administration et nous avons le sentiment d'avoir été écoutés", a-t-elle conclu. Un enthousiasme à souligner lorsque l'on sait que Helge Lund a fait carrière brièvement en politique dans le camp des conservateurs, actuellement au pouvoir à Oslo.Quant à Inge Hansen, qui a longtemps cru pouvoir être titularisé, il rejoint un groupe en pleine restructuration. A la tête d'Aker Kvaerner, il lui faudra faire preuve de la même détermination que chez Statoil. Car le groupe, qui a annoncé la semaine dernière une réorganisation complète, reste à la recherche d'une rentabilité durable.

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