Nouvelle déception chez Fiat

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Fiat tarde à redémarrer. Certes, le marché s'attendait encore à d'importantes pertes pour 2003. Mais le Turinois a réussi à faire pire qu'attendu. Si les analystes pourront se satisfaire du résultat opérationnel de 147 millions d'euros au quatrième trimestre 2003, supérieur de 27 millions aux attentes du consensus Reuters, ils ne devraient en revanche pas manquer de souligner l'ampleur du déficit net.Fiat a en effet perdu 1,1 milliard d'euros au quatrième trimestre 2003, ce qui porte à 1,9 milliard le trou sur l'ensemble de l'année. Après la perte nette (part du groupe) de 3,95 milliards accusée en 2002, les observateurs, qui visaient un déficit de 1,2 milliard, vont sans nul doute estimer que cela commence à faire beaucoup.Si, contrairement à 2002, le groupe a pâti sur l'année du paiement de charges d'impôts de 650 millions d'euros (en majorité sans impact sur la trésorerie), l'écart avec les prévisions des analystes tient surtout au poids des charges financières et des élements non-récurrents: charges de restructurations, dépréciations... Certes, les éléments exceptionnels affichent un solde positif sur l'année (après une perte de 2,5 milliards en 2002). Cependant, ils ont coûté 811 millions d'euros au groupe (qui ne fournit guère plus d'explication) au quatrième trimestre.De surcroît, il apparaît une nouvelle fois évident que la branche Fiat Auto a été un boulet pour Fiat et a masqué une grande partie des progrès réalisés sur le plan opérationnel dans d'autres domaines, grâce aux premiers effets du plan de juin 2003. Au quatrième trimestre, Fiat Auto a en effet alourdi de 97 millions d'euros (contre 20 millions attendus) sa propre perte opérationnelle, qui s'élevait déjà à 882 millions à l'issue de neuf mois d'exercice. Au global, Fiat Auto affiche donc un déficit d'exploitation proche du milliard d'euros sur l'année contre 510 millions pour l'ensemble du groupe. Ce qui en fait bien évidemment la lanterne rouge des constructeurs européens en termes de rentabilité (voir ci-contre).Comme il l'a déjà fait par le passé, Fiat a affirmé que sa branche automobile devrait réduire ses pertes opérationnelles en 2004 jusqu'à devenir rentable en 2005. Mais comme le montre le chiffre d'affaires de Fiat Auto (qui a stagné au quatrième trimestre), l'argument commercial ne suffira pas. En dépit du renouvellement de modèles phare (comme la Panda), Fiat ne pourra certainement pas faire l'économie d'une restructuration. D'ailleurs, témoin des craintes que suscite le groupe après cette publication, l'action s'enfonce de 2,35% alors qu'elle était dans le vert dans la matinée.

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