Rome au chevet d'Alitalia

Remue-ménage en vue chez Alitalia. Dimanche, la presse italienne avait indiqué que l'administrateur délégué de la compagnie italienne, Francesco Mengozzi, démissionnerait dès jeudi prochain lors du conseil d'administration chargé d'examiner son plan de redressement. Une option qui semble avoir la faveur du gouvernement italien, apparemment pas préparé à payer le coût social de ce plan. Lundi matin, dans un entretien accordé à la Repubblica, le ministre italien des Transports, Pietro Lunardi, a indiqué que ce changement de direction devrait s'accompagner d'une "bouffée d'oxygène" afin de relancer la compagnie. Pietro Lunardi, a ainsi indiqué que le plan de Francesco Mengozzi devrait devenir "plus élastique". Jusqu'ici, ce plan prévoyait 2.700 suppressions d'emplois (soit 13% des effectifs), dont 1.700 licenciements secs. L'idée du ministre des Transports est d'ouvrir le capital d'Alitalia aux compagnies italiennes privées. "Ces dernières sont prêtes à participer à ce nouveau projet en mettant à disposition des ressources pour assurer le sauvetage de la compagnie publique", a-t-il affirmé. Selon Pietro Lunardi, cette privatisation devrait permettre à Alitalia d'aborder, ensuite, en position de force des négociations d'alliance avec "Lufthansa ou Air France". Encore une fois, le ministre montre son peu d'enthousiasme vis-à-vis d'une coopération plus serrée entre les compagnies française et italienne. Mais le gouvernement italien est divisé sur ce point. Or, les 62% du capital d'Alitalia détenus par l'Etat le sont, de droit, par le ministère de l'Economie. Pietro Lunardi n'a donc pas les coudées franches sur ce dossier. Quant à Francesco Mengozzi, son avenir semble scellé. Le journal romain précise en effet que, samedi, le gouvernement lui aurait demandé samedi d'assouplir son plan. Devant son refus, Silvio Berlusconi aurait exigé sa démission. Jeudi donc, devant les difficultés financières du groupe, un "commissaire extraordinaire" devrait être nommé. Une façon de placer le groupe aérien sous l'administration directe de son actionnaire principal, l'Etat. Il est vrai que le temps presse. Alitalia ne parvient pas à être rentable et a raté le train de la consolidation en demeurant en dehors de la fusion Air France-KLM. Du coup, cette arrivée de l'Etat est vue de façon positive par les marchés. A Milan, l'action Alitalia progresse lundi en clôture de 4,60%, à 27 centimes d'euro.

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