Volvo solde les comptes de son offre ratée sur Scania

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Volvo se sépare de ses actions Scania. Le premier fabricant européen de poids lourds a annoncé vendredi qu'il avait cédé 63,7 millions d'actions B de son concurrent. La Deutsche Bank a été chargée du placement de ces titres sur le marché. Volvo indique avoir tiré de cette opération 15 milliards de couronnes suédoises, soit environ 1,63 milliard d'euros. Les actions Scania B ont donc été cédées en moyenne à 235,4 couronnes. Un prix relativement acceptable lorsque l'on sait que l'action Scania B s'établissait à la clôture la veille à 239 couronnes. Pour comprendre cette vente massive, il faut revenir en arrière. En 2000, le constructeur suédois lançait une offre de rachat sur Scania. L'offre avait été un succès, mais la Commission européenne avait alors interdit la fusion pour des raisons concurrentielles. Depuis, Volvo avait déjà cédé une partie des actions Scania qu'il avait amassées. Mais il possédait encore 45,5% du capital de son concurrent et 30,6% des droits de vote. Bruxelles avait donné au groupe jusqu'au 23 avril pour se débarrasser du solde des actions B. La vente du paquet d'actions annoncée ce vendredi représente la totalité des actions B (ordinaires) détenues par Volvo, soit 31,8% du capital et 5,8% des droits de votes. Le groupe suédois reste cependant en possession de 27,3 millions d'actions Scania A (actions préférentielles) représentant 13,7% du capital et 24,8% des droits de vote. Rappelons que, selon une pratique très répandue en Suède, les actions A représentent un droit de vote et les actions B, plus liquides et plus nombreuses, un dixième de droit de vote. Volvo a précisé qu'il ne cédera pas sur le marché ses actions A pendant une période d'au moins 90 jours. Selon le chef du service Equities Capital Markets de la Deutsche Bank, Hubert Keller, se débarrasser de ces actions n'était pas simple. D'ailleurs, Volvo a perdu de l'argent dans cette opération car les actions B de Scania avait été achetées à un prix moyen de 264 couronnes, soit 12,1% de plus que le prix moyen de vente. Désormais, pour Volvo comme pour Scania, l'avenir reste incertain. Les deux groupes semblent difficilement pouvoir demeurer indépendants et Volkswagen, propriétaire à hauteur de 34% de Volvo, a indiqué ne pas vouloir monter dans son capital. Le groupe suédois pourrait donc rechercher un autre repreneur. En fin de séance à Stockholm, les actions B de Volvo gagnaient 0,41%, celles de Scania reculaient de 0,44%.

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