Roche retrouve une année de bénéfices en 2003

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Roche oublie 2002. Le groupe pharmaceutique suisse qui avait subi cette année-là une perte historique de 4 milliards de francs suisses a présenté pour 2003 un bénéfice net de 3,1 milliards de francs suisses (environ 1,9 milliard d'euros). C'est cependant moins que ce qu'attendait le consensus calculé par Reuters qui prévoyait un bénéfice net de 3,40 milliards de francs. Il est vrai que le groupe souffre de la position de force de la devise helvétique face au billet vert. Les ventes globales de Roche progressent ainsi de 6% en francs suisses à 31,2 milliards, mais cette hausse est de 13% en monnaies locales. En revanche, les pertes du portefeuille d'actions du groupe se sont effacées en 2003 et le résultat d'exploitation est au-dessus des attentes du marché à 6,10 milliards de francs suisses.La division pharmaceutique de Roche demeure cependant la plus dynamique. Les ventes ont ainsi progressé en 2003 de 23% en monnaies locales dans cette division. Sur les trois derniers mois de l'année, cette hausse est de 20%. Une croissance qui se situe, selon le groupe lui-même, au-delà du rythme du marché mondial. Roche a notamment renforcé sa position de numéro un mondial sur le marché de l'oncologie (lutte contre le cancer), avec son médicament contre le cancer du sang, Mabthera. Sur l'ensemble de 2003, Mabthera a atteint un chiffre d'affaires de 2,8 milliards de francs suisses (1,7 milliard d'euros), soit 34% de plus qu'en 2002. Plus que jamais donc, Roche récolte ici les fruits du rachat de la biotech américaine Genentech, spécialisée en oncologie. Autre point fort de Roche, le Pegasys, un médicament contre l'hépatite C qui a réalisé une excellente performance pour sa première année sur le marché avec des ventes annuelles atteignant 942 millions de francs suisses (560 millions d'euros). Le produit s'est notamment fortement implanté aux Etats-Unis où il a pris de nombreuses parts de marché au Peg-Intron de Schering-Plough. En revanche, le Fuzeon, ce médicament anti-SIDA révolutionnaire, le seul qui empêche le virus d'entrer dans les cellules, continue de décevoir. Avec seulement 49 millions de francs suisses de ventes en 2003, il a bien du mal à convaincre, notamment parce que les efforts marketing de Roche sont restés limités et que le prix du traitement (18.000 euros par an environ) est dissuasif. Mais le groupe bâlois indique qu'il va intensifier ses efforts pour implanter ce produit sur le marché américain. En marge de ses résultats, Roche a indiqué qu'il attendait une marge opérationnelle de plus de 22% en 2005, soit 500 points de base de plus qu'en 2003. "C'est ce qui compte", précise un analyste de la banque Sal Oppenheim. Mais les opérateurs attendaient évidemment des données sur une éventuelle absorption de Roche par son voisin bâlois Novartis. Ce dernier, on le sait, détient 33,3% du capital de Roche, mais les familles fondatrices ont toujours refusé les appels du pied de Franck Vasella, le patron de Novartis. Et apparemment, l'annonce de l'OPA de Sanofi sur Aventis ne change rien.Il est vrai que le président actuel du groupe, Franz Humer, a montré la capacité de Roche à dégager seul un modèle économique convaincant. "Ils n'ont aucune raison de ne pas rester indépendants", souligne ainsi la banque Sarazin de Zurich. Mais cette fermeté des familles majoritaires pèse sur le titre qui ne bénéficie pas d'un attrait spéculatif. "Tant que les familles restent unies, Roche restera seul et c'est un problème", se lamente ainsi un gérant helvétique. D'où l'idée que Novartis pourrait chercher une proie ailleurs, notamment à Strasbourg...Mercredi, l'action a fini stable à 129,50 francs suisses.

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