Les frères Barclay retirent leur offre sur Hollinger

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Les frères Barclay font machine arrière. Ce matin, les deux jumeaux britanniques ont annoncé qu'ils avaient retiré leur offre sur Hollinger Inc., propriété de Conrad Black qui contrôle via Hollinger International (72,6% des droits de vote) les quotidiens Daily Telegraph, Jerusalem Post et Chicago Sun-Times.En fait, cette offre n'avait plus lieu d'être depuis l'invalidation jeudi dernier par la justice américaine de l'accord passé entre les deux frères et Conrad Black pour la vente de ses 78% dans le holding canadien Hollinger Inc (voir ci-contre). Motif invoqué: Conrad Black "n'a pas respecté ses devoirs contractuels et fiduciaires".En d'autres termes, selon le juge, Conrad Black n'a pas respecté le "devoir de loyauté qu'il devait à l'entreprise" et a présenté des "informations déformées" au conseil d'administration. Il faut dire que le torchon brûle depuis plusieurs mois entre Conrad Black et Hollinger International, la filiale américaine de Hollinger Inc qui contrôle directement les quotidiens visés par les frères Barclays.Le premier épisode de la bataille s'est joué en novembre, lorsque Conrad Black a été débarqué de la direction de Hollinger International à la suite d'un scandale financier (il aurait perçu 32 millions de dollars de primes indues). Par la suite, les relations se sont dégradées et récemment les administrateurs de Hollinger International ont refusé de se soumettre à l'accord conclu entre l'ancien patron et les frères Barclay.Le conseil d'administration a dès lors mis en place un montage complexe pour contrer toute initiative hostile. En cas d'acquisition par un nouvel actionnaire de plus de 20% du capital, d'autres actionnaires pourront monter au capital via une souscription afin de diluer le prédateur.La justice américaine a approuvé ce schéma, laissant en outre la possibilité à Hollinger International de mettre ses journaux aux enchères. Tout n'est donc pas perdu pour les frères Barclay qui ont encore la possibilité de faire une proposition pour acquérir séparément le Daily Telegraph.En tout cas, ce revers ne fait pas les affaires de Conrad Black. Car sa holding Hollinger Inc. a annoncé lundi soir ne pas avoir pu honorer le paiement des intérêts dus (quelque 7,4 millions de dollars) sur une émission obligataire de 120 millions de dollars. La société dit "étudier activement les options possibles afin de satisfaire ses obligations". Mais si elle ne peut régler la somme en question dans un délai de 30 jours, la holding sera considérée en défaut de paiement.En tout cas, si les frères Barclay ont subi un revers, d'autres prédateurs rôdent autour des dépouilles de l'empire de presse. C'est notamment le cas du patron de presse britannique Richard Desmond, qui convoite lui aussi le Daily Telegraph. Celui-ci a annoncé ce mardi la vente de son groupe de presse érotique. Comprenant 45 titres, cet ensemble, qui a fait sa fortune, a été cédé pour environ 20 millions de livres.En se défaisant de cette activité, Richard Desmond renforce ses chances dans la course pour le contrôle du Daily Telegraph. Fleuron de la presse conservatrice et héraut des valeurs traditionnelles de la Grande-Bretagne, ce quotidien pouvait difficilement passer sous la coupe d'un homme d'affaires surnommé "le pornographe"... Même si ce dernier possède déjà la moitié de l'imprimerie du Telegraph, ainsi que plusieurs tabloïds (le Daily Express, le Sunday Express, le Daily Star, le Daily Star on Sunday), l'hebdomadaire people OK! Magazine et différentes chaînes de télévision par satellite.

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