A Genève, les constructeurs automobiles affichent leurs bonnes intentions

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"Je ne vois pas la nécessité de corriger nos prévisions d'un marché ouest-européen en hausse de 1%": s'exprimant devant des journalistes à l'occasion du salon automobile de Genève, le PDG de Renault, Louis Schweitzer, a donné le ton. Il ne faut pas s'attendre à un rebond spectaculaire du marché automobile européen cette année. Et dans ces conditions, difficiles d'axer son discours sur les volumes de ventes.Les constructeurs semblent l'avoir compris, qui ce mardi ont surtout mis l'accent sur la rentabilité. C'est ainsi que Renault a réaffirmé ses objectifs annoncés début février. Certes, l'environnement restera difficile. Mais le Français mise sur le redéploiement et la montée en puissance de sa gamme Megane-Scenic ainsi que sur l'accélération de la coopération avec Nissan pour gagner en compétitivité. Résultat: la marge opérationnelle devrait grimper de 3,7% en 2003 à 4,5% en 2004.Louis Schweitzer ne semble en tout cas pas craindre une pression excessive sur les prix, alors que Volkswagen a été contraint d'offrir des rabais face au faible succès de sa nouvelle Golf V. "Trois constructeurs européens généralistes sur six perdent de l'argent, et ceci peut inciter à ne pas faire une guerre de prix déraisonnable", a-t-il rappelé.Fiat veut des alliancesFord Europe est justement l'un de ces constructeurs déficitaires. Et effectivement, il n'envisage "pas nécessairement" d'avoir recours à l'argument du prix pour imposer sa nouvelle Focus en fin d'année. Il préfère insister sur les restructurations mises en place l'an passé (dont 3.000 supressions d'emplois à l'automne) pour redresser la situation. Certes, Ford Europe devrait rester dans le rouge avec une perte avant impôts et restructurations comprise entre 100 et 200 millions de dollars. Mais elle sera nettement moins sévère que celle de 1,1 milliard de dollars enregistrée en 2003.Chez GM on est un peu plus ambitieux: on vise tout simplement l'équilibre en Europe en 2004, même si le PDG Rick Wagoner a reconnu que les perspectives ne sont "pas délirantes". Alors que les volumes de ventes (notamment chez Opel) ont décroché ces derniers mois, ce sont comme chez Ford les réductions de coûts qui devraient surtout doper le groupe, déficitaire de 286 millions de dollars en 2003.Enfin, après les résultats une nouvelle fois décevants publiés vendredi (voir ci-contre), Fiat Auto y est également allé de son couplet sur les moyens à mettre en oeuvre pour rebondir en 2004. Si désormais pour beaucoup Fiat ne pourra faire l'économie d'une nouvelle restructuration, le groupe a pour sa part attiré l'attention sur les nécessaires alliances à mettre en place. "Pour accroître les marges de production, la contribution d'alliances industrielles stratégiques est fondamentale", a estimé le PDG Herbert Demel en confirmant que son groupe avait conclu un accord la semaine dernière avec GM pour l'utilisation d'une plate-forme développée conjointement. Bien entendu, Fiat Auto vise toujours l'équilibre opérationnel en 2005.La Golf V décolle enfinDans ce concert dédié à la rentabilité, seuls deux constructeurs se sont un peu démarqués en mettant plutôt l'accent sur les volumes. Tout d'abord, Jean-Martin Folz, PDG de PSA, a expliqué que les ventes devraient monter au deuxième semestre (la nouvelle 407 devrait y contribuer) "après un premier semestre au même niveau que le deuxième semestre 2003". Quant à la seule marque Peugeot, qui fonde décidément de grands espoirs sur sa 407, elle compte bien battre le record de 2002, établi à 1,955 millions d'unités. En marge de ce discours sur les volumes, PSA a tout de même pris le soin de préciser qu'il s'était couvert sur le risque des changes. Bref, "nous sommes à l'abri d'une nouvelle dégradation de la livre par rapport à l'euro", a ajouté Jean-Martin Folz.Enfin, d'après les propos du patron de Volkswagen, Bernd Pischetrieder, les ventes de la Golf V seraient en train de décoller après un démarrage très laborieux, qui a contraint le groupe à des gestes commerciaux et a suscité de nombreuses inquiétudes chez les observateurs. Si le discours du constructeur allemand apparaît encore très sobre, c'est néanmoins "l'une des premières informations positives sur la Golf V", a commenté un courtier.

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