Levée de boucliers aux Etats-Unis contre la condamnation de Microsoft

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Les réactions américaines à la condamnation de Microsoft par la Commission européenne se multiplient. En dehors des commentaires de la direction de Microsoft (lire ci-contre), de nombreuses associations se sont élevées contre le principe même de la condamnation. Pour le Cato Institute, un institut de Washington de tendance libérale, "loin de défendre les intérêts des consommateurs, le dernier arrêté en date de l'Union européenne transforme la question antitrust (le souci d'assurer une concurrence loyale, ndlr) en un programme d'aide sociale pour les perdants du marché (...). Les coûts réels seront moins d'emplois, moins d'innovation, des produits de moindre qualité et des prix plus élevés".L'organisation Citizens Against Government Waste (CAGW), habituée à dénoncer le gaspillage de l'argent public, assure que "Microsoft était déjà parvenu avec les tribunaux américains à un règlement juste que la Commission européenne aurait dû suivre. Tenter de restreindre la conception future des logiciels est sans précédent et a été rejeté par les tribunaux américains".Enfin, l'Association for Competitive Technology (ACT) accentue cette idée : "Ce qui est même pire: le précédent va rendre plus difficile pour toutes les entreprises leaders de marché l'ajout de nouvelles fonctions à leurs produits dominants. Sous ce régime, Nokia pourrait se voir reprocher d'intégrer messagerie instantanée ou logiciel d'imagerie à ses téléphones portables leaders de marché".Beaucoup plus modéré, le responsable de la division de la concurrence du ministère américain de la Justice, Hewitt Pate, regrette les modalités de la décision européenne, plus que l'idée même d'une sanction. "L'imposition du retrait n'a jamais fait partie - même lorsque le gouvernement américain recherchait le démembrement de Microsoft avant le rejet de ce remède par la cour d'appel - du remède proposé par les Etats-Unis."Cette décision pourrait "produire des conséquences inattendues. Une politique anticoncurrentielle saine doit éviter de geler l'innovation et la compétition, même issues d'entreprises dominantes. Une approche inverse risque de protéger les compétiteurs, pas la compétition, ce qui pourrait irrémédiablement endommager l'innovation et le bénéfice qu'en tireraient les consommateurs." Après les décisions techniques de Mario Monti, le montant de l'amende fait réagir Hewitt Pate. "Le fait que cette amende dépasse même celles exigées des membres des cartels fixateurs de prix les plus notoires pourrait envoyer un message malheureux sur la justesse de la hiérarchie des priorités" de la Commission en matière de concurrence.Le représentant du ministère de la Justice achève néanmoins son communiqué sur une note positive : "En-dehors des divergences (sur ce sujet), il est important de souligner la relation générale forte et positive entre les Etats-Unis et la Commission européenne en matière de politique de la concurrence".

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