Le commerce en ligne transforme l'essai en 2003

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Le soleil brille toujours pour l'e-commerce. C'est en tout cas le message adressé par l'ACSEL, l'association qui réunit 21 cybercommerçants* français, parmi lesquels Fnac.com, Voyages-sncf, etc... Le chiffre d'affaires des sites de commerce électronique français faisant partie de l'ACSEL a enregistré une hausse de 56% en 2003 par rapport à l'année précédente pour atteindre 1,7 milliard d'euros, un chiffre déjà en hausse de 60% sur 2001. La période de Noël a été particulièrement favorable : les ventes ont fait un bond de 20% au quatrième trimestre par rapport au troisième et de 51% sur un an à 521 millions d'euros. "En tout, le commerce en ligne a généré un chiffre d'affaires de 5 milliards d'euros en 2003, et devrait ressortir entre 7 et 8 milliards d'euros en 2004", affirme Henri de Maublanc, le président de l'ACSEL, également à la tête du site de vente de fleurs Aquarelle.com. Pour parvenir à ce total, l'association ajoute les chiffres des autres sites d'e-commerce et ceux des brokers en ligne. "Les dépenses du commerce en ligne ont représenté la moitié de la VPC traditionnelle. Si l'on inclut la VPC, la vente à distance devrait être de 20 milliards d'euros au total d'ici 18 mois, soit 4,5% du commerce de détail", souligne-t-il aussi. La tendance française confirme la situation américaine, plus mature, mais dont la saison de Noël a quand même permis aux ventes de croître de 35% à 18,5 milliards de dollars, selon Nielsen Netratings. Le haut débit à la rescousseEn quatre ou cinq ans, maintenant que les excès de la bulle Internet sont terminés, le commerce en ligne semble avoir gagné ses lettres de noblesse et la confiance du consommateur, qui ne cesse de s'affirmer. En témoigne le nombre de transactions qui a presque triplé depuis fin 2001 et la progression du nombre d'acheteurs, deux fois et demi plus rapide que celle du nombre d'internautes, selon Mediamétrie. Ainsi, il y avait 8,3 millions de cyberconsommateurs pour 21,8 millions d'internautes. Principal facteur favorable: la généralisation du haut débit qui a un impact direct sur les comportements d'achat. Il incite d'abord à surfer davantage et il augmente aussi le nombre d'internautes dans les foyers. D'où une "démocratisation et une féminisation du Web et des transactions", note l'ACSEL. Ainsi, la demande se tourne vers des secteurs jusque là moins exploités que sont la voyance, l'alimentation, les recettes de cuisine... Si ces dernières années, les cybercommerçants étaient réticents à donner des chiffres de façon individuelle, ils le sont moins maintenant. Beaucoup affirment que la rentabilité est proche, voire déjà là. Voyages-sncf.com a réalisé un chiffre d'affaires de 460 millions d'euros l'an passé pour un résultat de 4,5 millions. Le site table sur 720 millions d'euros en 2004. Quant à Fnac.com qui avait déjà annoncé des ventes de 92,9 millions d'euros pour 2003, soit une hausse de 47% sur un an, son directeur général, Jan Löning, a assuré avoir atteint le point mort.Gains de productivitéLes taux de croissance de l'e-commerce viennent une fois de plus confirmer la validité d'Internet comme nouveau canal de distribution. Un canal devenu désormais incontournable pour beaucoup d'enseignes, que ce soit en termes d'économies ou au niveau marketing. Pour la SNCF, Internet joue ainsi un rôle moteur dans la recherche de gains de productivité. "Les ventes sur Internet ont dépassé celles sur call center en 2003. C'est vrai que du coup le nombre d'employés baisse dans les points de vente", confie son directeur général Denis Wathier, qui admet que la réduction des coûts constitue l'un des principaux objectifs du site. Pour La Redoute, Internet est un prolongement naturel du catalogue papier. "Trois quarts de nos clients sur le Net utilisent le catalogue", explique Jean-Marie Boucher, le directeur général de La Redoute.fr. Effet bénéfique, "Internet a permis de toucher des consommateurs qui ne considéraient pas la marque", indique-t-il aussi. Mais Internet est également synonyme d'une concurrence plus forcenée et inattendue. "Nous sommes désormais en concurrence directe avec des gens comme Carrefour ou Darty". Enfin, pour la Fnac, l'apport d'Internet est plus difficile à évaluer. Ses dirigeants ne semblent pas capables de dire s'il a permis une croissance des dépenses ou un gain de nouveaux clients. "Il y a une complémentarité entre le magasin, où l'on flâne, et le site où l'on achète un objet précis", affirme Jan Löning. Quid du transfert de chiffre d'affaires des magasins vers le site? Impossible à dire. Mais ce n'est pas important. Au vu de la dynamique des ventes de produits culturels sur le Net, la question de l'utilisation d'Internet pour une enseigne comme la Fnac ne se pose plus.Sandrine Cassini*: L'ACSEL (Association pour le commerce et les services en ligne) regroupe 3 Suisses, Accorhotels, Aquarelle, Bijourama, CDiscount, Chapitre.com, ChateauOnLine, EBay, Fnac.com, La Redoute, Lastminute, MisterGoodDeal, Nomatica, Ooshop, Paniers.com, Pixmania, Priceminister, Surcouf.com, Topachat, Voyages-sncf.com et Welcome Office.

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