Aventis contre-attaque

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Le ton ne baisse pas entre Sanofi-Synthélabo et Aventis. Ce dernier, qui a obtenu hier soir le visa de l'AMF à sa note de réponse à l'offre de rachat de son concurrent (lire ci-contre), a développé à nouveau ses arguments vendredi matin. Le groupe franco-allemand avance en effet cinq raisons pour lesquelles ses actionnaires ne doivent pas apporter leurs titres à Sanofi. D'abord, Aventis souligne que le calendrier de l'offre est "opportuniste". Derrière ce terme, le groupe d'Igor Landau rappelle que Sanofi lui-même est une proie potentielle et qu'il s'est lancé dans une course de vitesse pour sauvegarder son indépendance. Aventis, sous-valorisé, était une proie idéale, mais cela ne signifie évidemment pas qu'il existe un intérêt industriel à une alliance entre les deux groupes. Deuxième point, les termes de l'offre de Sanofi "sous-évaluent manifestement" Aventis. L'argument du groupe franco-allemand est de dire que la prime proposée par Sanofi est faible, alors même que le titre Aventis était décoté par rapport au secteur et à son potentiel. Sans compter, selon Igor Landau, dont c'est le troisième argument, que les actions Sanofi "sont une monnaie d'échange risquée". Et ici, Aventis rappelle évidemment à ses actionnaires que le groupe prédateur est très exposé au risque générique, notamment en raison du procès qu'il mène actuellement aux Etats-Unis. Sanofi essaie actuellement en effet de défendre devant les tribunaux sa licence du Plavix, un de ses produits vedette, contre les producteurs de génériques. En cas de défaite, l'action Sanofi pourrait chuter lourdement. Enfin, Aventis termine avec deux arguments de poids: l'intérêt stratégique de la fusion est limité alors même que le risque social en France et en Allemagne est élevé. Aventis parle même de "réductions d'effectifs massives". Plusieurs actionnaires allemands se sont d'ores et déjà montrés très sensibles à ce dernier argument. Mais la majorité du capital d'Aventis est entre les mains de fonds anglo-saxons qui pourraient être sensibles aux économies d'échelle réalisées par le nouveau groupe. Pour finir, Aventis rappelle qu'il "explore des alternatives plus créatrices de valeur", laissant encore une fois la porte ouverte à l'arrivée d'un chevalier blanc. Rappelons qu'hier Novartis avait indiqué surveiller de très près la situation.

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