JP Morgan et Bank One prévoient 10.000 suppressions d'emplois

Le coût sera lourd pour les salariés. La fusion entre JP Morgan Chase et Bank One annoncée mercredi soir (voir ci-contre) se traduira par 10.000 suppressions de postes. C'est ce qu'a expliqué le PDG de Bank One, interrogé jeudi par la chaîne de télévision américaine CNBC. Jamie Dimon n'a pas donné de plus amples précisions, si ce n'est que cette réduction d'effectifs sera réalisée sur une période de 2 à 3 ans et concerne environ 7% des 130.000 employés des deux banques aux Etats-Unis.Si cette opération risque donc de faire grincer des dents du côté des salariés, la communauté financière semble en revanche en approuver pleinement le principe et les conditions. Suite à l'annonce du projet de rapprochement, Prudential a relevé de "sous-pondérer" à "surpondérer" sa recommandation sur Bank One. Et, certainement plus significatif concernant l'équilibre financier de l'ensemble, Standard & Poor's pourrait revoir à la hausse la notation de Bank One. C'est en tout cas pour étudier cette éventualité que l'agence a décidé de placer sous surveillance avec implication positive la note "A" de la dette à long terme de Bank One. Concernant JP Morgan Chase, la note de la dette à long terme est confirmée au niveau de "A+".Il est vrai que le rachat se fera sans recours à la trésorerie ou à l'endettement. JP Morgan propose de traiter uniquement en titres, avec une parité d'échange de 1,32 de ses propres actions par titre Bank One. Aux cours de clôture de mercredi soir, JP Morgan offre ainsi une prime de 14,5% aux actionnaires de sa cible (voir ci-contre). Jeudi dans la matinée, l'action JP Morgan réagit par un léger repli de 0,46%, à 39,04 dollars. Le titre Bank One, en revanche, progresse fortement, gagnant 11,79%, à 50,55 dollars.D'autres réactions sont sans aucun doute à attendre dans les prochaines heures et les prochains jours tant la taille de l'opération est impressionnante. Devant donner naissance au deuxième établissement américain de services financiers (derrière Citigroup) avec plus de 1.100 milliards de dollars d'actifs, elle constitue la troisième plus importante fusion bancaire réalisée aux Etats-Unis. Mais surtout, après le premier pas qu'a constitué le rachat en octobre de FleetBoston par Bank of America (lire ci-dessous), elle vient redonner une nouvelle impulsion à la consolidation du secteur, les deux dernières opérations de taille comparable remontant à 1998. A cette époque, le rachat de Citicorp par Travelers Group (70,2 milliards de dollars) avait fait naître Citigroup et l'acquisition de BankAmerica par NationsBank (59,2 milliards) avait débouché sur la création de Bank of America.Désormais, les regards des financiers sont tournés vers les prochaines cibles potentielles. Nombre de spécialistes pensent que des établissements de taille moyenne, comme Wells Fargo, n'ont plus l'envergure suffisante pour poursuivre seuls leur chemin. Mais il n'y a pas qu'aux Etats-Unis que cette affaire crée de l'agitation. Elle a aussi relancé la spéculation sur les banques allemandes, qui enregistrent aujourd'hui des gains bien supérieurs aux marchés. Deutsche Bank avance de 1,38%. Et la palme revient à HVB et Commerzbank, avec des bonds en avant voisins de 4%. latribune.frBank of America engagé à hauteur de 274 millions de dollars chez ParmalatPour Bank of America, que le rachat de Bank One par JP Morgan va reléguer en troisième position dans le paysage bancaire américain, l'année écoulée s'est bien terminée. L'établissement a annoncé aujourd'hui un bénéfice net de 2,73 milliards de dollars pour le quatrième trimestre 2003. Le bénéfice par action du trimestre s'est établi à 1,83 dollar, contre 1,69 dollar un an plus tôt et 1,78 dollar attendu par les analystes. Sur l'ensemble de 2003, le bénéfice net du groupe ressort à 10,8 milliards de dollars, en progression de 17%. L'établissement, qui se retrouve au coeur du scandale Parmalat en Italie, a révélé à cette occasion que son exposition à la firme agroalimentaire en faillite s'élève à 274 millions de dollars. Bank of America travaille actuellement à l'intégration de l'établissement FleetBoston, qui sera menée à bien en mars prochain, et qui en aurait fait le numéro deux du secteur bancaire américain sans l'opération JP Morgan-Bank One.

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