Contesté, le patron de Shell démissionne

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Philip Watts a cédé à la pression. Très critiqué depuis le début de l'année, lorsque son groupe a annoncé une surprenante révision à la baisse de ses réserves, le président du directoire de Royal Dutch Shell, âgé de 59 ans, a annoncé mercredi sa démission avec effet immédiat. Il est remplacé par le Néerlandais Jeroen van der Veer, 57 ans, qui jusqu'ici était vice-président du groupe pétrolier.Autre victime de cette mauvaise estimation des réserves, le directeur de la division exploration et production, Walter van de Vivjer, a lui aussi démissionné. Et c'est l'actuel responsable de la branche gaz et énergie qui reprend en main ses fonctions.En fait, pour les observateurs, ces remaniements ne sont guère surprenants. "Beaucoup de gens estimaient qu'il y avait un manque de crédibilité pour Shell avec Watts aux commandes", a expliqué à Reuters Paul Mumford chez Cavendish Asset Management.Bref, c'est plutôt le temps de réflexion que s'est accordé Philip Watts qui a le plus étonné les opérateurs. "Je suis simplement surpris que la démission ait pris aussi longtemps", a lancé un trader resté anonyme.Pour les professionnels, il faisait en effet peu de doutes que Philip Watts allait quitter son poste tant sa gestion a été montrée du doigt depuis le début de l'année. Le premier accroc a eu lieu en début d'année (voir ci-contre). Le 9 janvier très précisément, le groupe a averti qu'il avait surestimé le niveau de ses réserves prouvées, et qu'en conséquence celles-ci devaient être revues à la baisse de 20%. Le groupe a tenté de minorer l'importance de cet ajustement en précisant qu'il n'affecterait pas ses résultats 2003. Mais les analystes en ont pour leur part déduit que pour la troisième année d'affilée, le groupe afficherait un taux de renouvellement de ses réserves inférieur à 100%, alors qu'il était déjà vu comme l'un des pétroliers les moins performants. Les marchés ont réagi vivement en sanctionnant le jour même le titre de 7,8%, un fait rare pour un groupe pétrolier, habituellement peu volatil en Bourse.Un mois plus tard, Shell a eu l'occasion de se rattraper avec la publication de ses résultats annuels. Le taux de renouvellement des réserves, de 98%, a été moins mauvais qu'attendu. Et les résultats annuels ont progressé de 35%. Reste que les investisseurs n'ont pas été convaincus et le groupe a de nouveau accusé le coup en Bourse. Car une charge de 1,02 milliard de dollars de dépréciations d'actifs au quatrième trimestre a empêché Shell de battre des records, comme l'a notamment fait le leader du secteur, Exxon Mobil.Bref, le divorce était consommé depuis plusieurs semaines entre le dirigeant et les marchés. En témoigne la réaction de la Bourse aujourd'hui. A l'annonce de cette démission, l'action a subitement décollé. En fin d'après-midi, à Amsterdam, elle gagne 1,47% dans des volumes très soutenus.

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