Les banques passent à la caisse

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"Un bon compromis vaut mieux qu'un mauvais procès", dit-on aux Etats-Unis, pays où les avocats sont rois. Ceux de Citigroup ont probablement dû méditer longuement cet adage avant de conseiller à leur client de transiger dans le contentieux qui l'opposait aux actionnaires de Worldcom. Pour la bagatelle de 2,65 milliards de dollars, le géant des services financiers espère acheter la paix dans ce dossier qui virait au cauchemar. Pour lui, mais aussi pour les milliers d'investisseurs individuels qui avaient cru aux comptes que présentait la star déchue du Nasdaq et aux opinions de l'analyste vedette de la banque. Face aux 54 milliards demandés par les plaignants, les 2,65 milliards mis sur la table semblent presque raisonnables. Mais c'est compter sans les autres contentieux qui empoisonnent la vie des banques américaines depuis l'éclatement de la bulle Internet. Citigroup, en début de semaine, a ainsi dû constituer au total une réserve de 5 milliards de dollars pour l'ensemble des litiges en cours. Cela représente un trimestre de résultats pour le groupe de Charles Prince qui bat, il est vrai, des records en la matière depuis deux ans. Il a donc la capacité d'absorber ce choc mais les sommes désormais en jeu n'ont plus aucune mesure avec les quelques centaines de millions que les banques américaines avaient prudemment mis de côté l'an dernier.Pour les petits actionnaires qui ont beaucoup perdu depuis la fin des années 90 sur les marchés financiers, ces sommes ne sont qu'un maigre réconfort, financièrement tout au moins. En revanche, moralement, il s'agit d'une incontestable victoire. En acceptant de les dédommager, les banques (car après Citigroup, il ne fait guère de doute que les autres établissements éclaboussés par ces scandales suivent le même chemin) reconnaissent de facto qu'elle avaient beaucoup à perdre en allant au procès. Faute avouée à moitié pardonnée, dit-on. Soit. Il n'empêche que ce traitement réservé aux petits actionnaires américains peut faire rêver leurs homologues français. Eux aussi n'ont guère eu de chance avec certains de leurs investissements...

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