Ioukos évoque sa possible faillite

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Ioukos bluffe-t-il ? Peut-être pas, tant les sommes réclamées par la justice russe au géant du pétrole sont exorbitantes: 3,5 milliards de dollars d'arriérés d'impôts rien que pour l'an 2000. Et ce n'est pas tout, car des enquêtes sont en cours pour ce qui concerne les exercices 2001, 2002 et 2003. Après à peine deux semaines de procès, la Cour d'arbitrage de Moscou a déclaré hier Ioukos coupable d'évasion fiscale à grande échelle, et l'a condamné à verser 99,4 milliards de roubles (3,5 milliards de dollars) au titre d'impôts non payés pour l'an 2000. Aujourd'hui, la compagnie a répondu en publiant un communiqué dans lequel elle brandit la menace d'une faillite avant la fin de l'année, déclarant ne disposer que de 800 millions de dollars de liquidités, et compte tenu du gel d'une partie de ses actifs par la justice russe.La décision de cette dernière est un épisode crucial dans le feuilleton qui oppose le gouvernement russe à Mikhaïl Khodorkovski, ex-patron et principal actionnaire du groupe pétrolier, considéré comme l'homme le plus riche de Russie. L'affaire Ioukos a débuté en juillet dernier, avec les premières poursuites judiciaires lancées contre la compagnie et ses dirigeants. Et puis, en octobre 2003, la justice a pris une décision spectaculaire: celle d'emprisonner Khodorkovski pour évasion fiscale et escroquerie à grande échelle.Selon nombre d'observateurs, l'affaire est avant tout dictée par des considérations politiques. Car Khodorkovski, plutôt proche de l'opposition, n'a pas caché son appétit pour l'élection présidentielle de 2008. Dès lors, les pratiques fiscales de Ioukos ont fourni au Kremlin l'occasion de s'en prendre au milliardaire russe, via une justice parfois expéditive et partiale.Parallèlement, un autre procès, visant cette fois uniquement Mikhaïl Khodorkovski, doit débuter demain, avec les auditions préliminaires de l'homme emprisonné depuis huit mois maintenant. La jour choisi par Ioukos pour agiter le chiffon rouge de la faillite n'est donc peut-être pas un hasard.Selon les analystes, la "renationalisation" partielle de la compagnie pétrolière est possible, si l'Etat récupère son dû en actions. La liquidation pure et simple de Ioukos paraît en revanche improbable, vu les conséquences politiques qu'elle aurait pour le Kremlin. A la Bourse de Moscou, l'action Ioukos a perdu 6,38% jeudi en clôture, à 247,5 roubles.

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