Total pourrait prendre un gros morceau de Sibneft

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Total va-t-il prendre des positions en Russie ? Selon le Financial Times, citant des sources anonymes proches de l'affaire, le groupe français serait sur le point de prendre 25% des actions de Sibneft plus une action pour 3,4 milliards d'euros. Le groupe russe, propriété du très médiatique magnat Roman Abramovitch, cherche en effet, on le sait, un partenaire étranger après l'échec de sa fusion avec Ioukos, le groupe de Mikhaïl Khodorkovski, actuellement incarcéré à Moscou. Lundi matin, les deux groupes se sont contentés d'affirmer qu'ils ne "commentaient pas les rumeurs". "Pour le moment, nous nous contentons de nous focaliser sur la fin de la fusion avec Ioukos", a déclaré le porte-parole du groupe russe. Un moment très optimiste, le marché s'est vite calmé. A la clôture lundi, Sibneft a gagné seulement 0,61%. Toujours selon le quotidien londonien, l'affaire serait particulièrement mal vue du côté de Washington. Citant une source proche de la Maison Blanche, le FT indique que "ceux qui ont eu vent de cette affaire dans l'administration américaine en ont été extrêmement ennuyés". "Cela pourrait nuire aux relations franco-américaines", a-t-il ajouté. La Russie et son espace proche (Kazakhstan, Caucase) est considérée comme la zone la plus riche en réserves pétrolières du monde. C'est surtout une alternative future probable à l'approvisionnement moyen-oriental de plus en plus dangereux (lire ci-contre). Dans ce jeu géopolitique majeur, Roman Abramovitch a une place de choix. Le président du club de football londonien de Chelsea veut en effet jouer les gentlemen-farmers dans la campagne anglaise en cédant ses participations en Russie. Histoire évidemment de se mettre à l'abri des déboires survenus à son concurrent Khodorkovski. D'après Forbes, Roman Abramovitch disposerait d'une fortune personnelle estimée à 10,6 milliards de dollars. L'an passé, il avait ainsi vendu son groupe d'aluminium, Roussal, à un autre oligarque Oleg Deripaksa. Il souhaiterait donc désormais vendre une partie des 92% qu'il détient dans Sibneft. En mars déjà, le FT avait évoqué la possibilité d'une vente de 46% du capital du groupe. A l'époque, Shell, Total et ChevronTexaco étaient sur les rangs. Si l'information était confirmée, Total deviendrait le second groupe occidental à prendre position fortement en Russie après BP. Le Britannique a en effet créé l'an passé une société commune avec TNK.

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