"L'argent est là, mais les investisseurs font attention"

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latribune.fr- Les introductions difficiles d'Axalto en France et de Wincor Nixdorf en Allemagne (voir ci-contre) vous paraissent-elles inquiétantes ?François-Xavier Gilliot- Le marché a connu quelques turbulences depuis trois à quatre semaines. Et ces opérations sont intervenues pendant le trou d'air. L'inertie du processus d'introduction leur a certainement été défavorable. Concernant Axalto, le prix était peut-être également un peu élevé pour un marché convalescent. Pour autant, on ne peut pas en conclure de façon abrupte que le marché des introductions s'est refermé.Cela ne devrait donc pas remettre en cause les prochaines opérations attendues...Sauf bien évidemment nouveau coup de tabac imprévisible, l'arrivée sur le marché de dossiers comme Snecma, bioMérieux ou les PagesJaunes devrait se dérouler dans des conditions de marché acceptables. Snecma semble par exemple correctement valorisé. Et compte tenu de leur taille (Snecma est valorisé quelque 5 milliards d'euros et les PagesJaunes de 3,5 à 4 milliards d'euros), ces introductions seront bien plus significatives. Ce n'est qu'après ces opérations que l'on pourra voir quel est vraiment l'état du marché primaire.En marge de ces groupes, les candidats de plus petite taille ne semblent tout de même pas se bousculer...Il est vrai que les plus petites capitalisations paraissent moins pressées de venir en Bourse qu'auparavant. Cela tient à plusieurs raisons. D'une part, je crois que nous avons tourné la page de l'époque où n'importe quelle start-up pouvait s'introduire en Bourse. Ce qui tend à réduire le nombre d'introductions. Parallèlement, les contraintes juridiques et financières restent importantes pour les petites structures. D'autre part, elles veulent, avant de tenter l'aventure de la Bourse, un marché encore plus rassurant. Il n'en reste pas moins que des dossiers plus modestes que Snecma ou les PagesJaunes pourraient sortir en fin d'année ou début 2005, comme Neuf Telecom et Picard Surgelés. Le seul frein pour eux, c'est qu'ils sont pour certains aux mains de fonds particulièrement exigeants en termes de retour sur investissement. Ces derniers étant moins pressés de vendre que peuvent l'être des groupes ayant besoin de cash, ils ont le temps d'attendre une bonne fenêtre de tir. Ce qui peut parfois être long.Curieusement, le manque d'appétit pour les introductions tranche avec la masse de capitaux dont les investisseurs affirment disposer. N'est-ce pas de mauvais augure pour l'avenir ?L'argent est là, mais les investisseurs font attention. Ils l'ont prouvé avec Axalto. Ils ne sont pas prêts à mettre n'importe quel prix sur une société. Plutôt que d'y voir un mauvais présage, le phénomène me semble assez rassurant. Cette prudence des opérateurs peut être un moyen d'éviter les excès du passé.

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