Novartis se pose un peu plus en "chevalier blanc" d'Aventis

La bataille boursière pour le contrôle d'Aventis se précise de plus en plus. Jeudi matin, en marge de la présentation de ses résultats trimestriels, le groupe suisse Novartis a indiqué qu'il avait accepté de "l'offre du conseil de surveillance d'Aventis". Le laboratoire bâlois entame donc des négociations avec le groupe strasbourgeois sur "les conditions pour une éventuelle transaction". Certes, Novartis précise "qu'aucune conclusion quant à la faisabilité d'un accord ne peut être faite". Il n'empêche. Il s'agit bel et bien d'une nouvelle étape dans la direction d'une lutte entre le Suisse et Sanofi pour le contrôle d'Aventis. Et pour enfoncer le clou, Novartis a ajouté qu'une fusion "créerait de la valeur". De son côté, Aventis s'est réjoui de l'annonce de Novartis.L'affaire évidemment est loin d'être jouée. A la mi-mars, Novartis avait déjà fait connaître son intérêt pour Aventis, mais à deux conditions. D'abord qu'Aventis lui-même le sollicite (ce qui a été officiellement fait depuis) et, ensuite, que le gouvernement français fasse preuve de neutralité. Or, on savait que Matignon et l'Elysée étaient très favorables à une solution franco-française. Y a-t-il eu une évolution de la position du gouvernement français ? Rien n'est moins sûr, mais mardi dernier, Igor Landau, le président d'Aventis a rencontré "à titre privé" le nouveau ministre de l'industrie Patrick Devedjian. Mais beaucoup sur les marchés ne croient pas à une surenchère suisse. "Nous pensons qu'ils ne sont pas vraiment intéressés", indique l'analyste de la Züricher Kantonalbank Claude Zehnder à Reuters. Sanofi, d'ailleurs, ne semble pas s'affoler. Il a affirmé dans l'après-midi rester "très confiant" quant à l'issue de son offre. Il a également refusé de commenter les rumeurs de relèvement de son offre qui courent en ce moment sur le marché. A noter, par ailleurs, que si les syndicats étaient défavorables à l'union avec Sanofi, ils s'opposent également à l'alternative Novartis. Dans une lettre à Nicolas Sarkozy, l'intersyndicale des Laboratoires Aventis affirment être "farouchement opposés" à ce dernier projet. "Nous mettrons toutes nos forces pour le faire échouer", ont-ils indiqué.Une chose est sûre, cependant: si Novartis se lance bel et bien dans la bataille, Sanofi aura bien du mal à répondre. La puissance de feu du groupe suisse est sans commune mesure avec celle du Français (peu de dettes et une capitalisation boursière 2,5 fois plus importante). De plus, Novartis affiche une santé de fer. Au premier trimestre, le résultat net du groupe bâlois a progressé en rythme annuel de 22% à 1,29 milliard de dollars. Un chiffre conforme aux attentes du marché. Certes, le laboratoire helvétique bénéficie d'un effet de change favorable depuis qu'il publie ses comptes en dollars. Ses ventes progressent ainsi de 8% en monnaies locales, mais de 16% en dollars à 6,64 milliards de dollars. Il n'en reste pas moins que la hausse du résultat opérationnel de 11% sur un an à 1,49 milliard de dollars est impressionnante compte tenu de l'augmentation des dépenses de R&D du groupe (+12%). Novartis parvient donc à réussir ce tour de force: faire progresser sa rentabilité sans nuire à son avenir. Le groupe suisse a assis cette réussite sur le succès de ses produits contre l'hypertension et les maladies cardio-vasculaires. Le Diovan, par exemple, voit ses ventes en dollars grimper de 30% sur un an entre janvier et mars. On notera également le succès du Glevec, un produit contre la leucémie dont les ventes progressent sur un an de 51%. En revanche, la division générique voit son résultat opérationnel reculer de 25% en raison de la concurrence accrue sur le marché américain. Mais cette baisse est largement compensée par la hausse du bénéfice d'exploitation de la division OTC (médicaments sans ordonnance): +102% en un an. Bref, Novartis va bien et reste confiant. Il prévoit une croissance de ses ventes supérieure au marché en monnaies locales. Les résultats net et opérationnel de 2004 devraient donc "être supérieurs" à ceux de 2003. Et Novartis promet encore de belles années grâce au lancement de 8 "blockbusters" (produits dont les ventes dépassent le milliard de dollars annuel) d'ici à 2008.En début de séance, le marché semble jouer la carte de la surenchère de Novartis. En clôture jeudi, le titre de ce dernier recule de 2,44% à 55,95 francs suisses pendant que l'action Aventis gagne 4,86% à 65,80 euros. Dans la foulée logiquement, Sanofi bondit de 2,95% à 55,85 euros.

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