Bayer affiche ses premières pertes depuis 1969

Bayer prépare son "grand bond en avant" et en paie le prix. Le groupe de Leverkusen a affiché en 2003 une perte nette de 1,4 milliard d'euros, contre un bénéfice net de 1,1 milliard d'euros en 2002. Un déficit nettement plus important que ce qu'attendaient les analystes puisque le consensus Reuters estimait à 718 millions d'euros les pertes pour 2003. L'explication principale de cette perte nette tient à la charge exceptionnelle de 1,9 milliard d'euros passée pour dépréciation de la branche chimie et polymères dont le groupe de Leverkusen entend se séparer.Cette branche, jusqu'ici connue sous le nom de NewCo et qui a été rebaptisée Lanxess, a, il est vrai, été très fortement touchée par la faiblesse de l'économie allemande en 2003. Les ventes de la division chimie ont ainsi reculé de 21% en 2003 à 3,4 milliards d'euros et son résultat d'exploitation a reculé de 79% à 42 millions d'euros. La branche polymères n'a pas été épargnée avec une perte d'exploitation de 1,2 milliards d'euros et un recul des ventes de 5%. On comprend donc qu'il était nécessaire pour Bayer de passer des provisions dans l'optique d'une cession de ces divisions. Désormais, cependant, le groupe allemand espère pouvoir profiter du rebond cyclique pour que Lanxess dégage en 2004 un bénéfice net. Quoi qu'il en soit, Bayer a prévenu que dès le 1er juillet 2004, Lanxess sera considéré dans le groupe comme une entité indépendante, même si les formes juridiques du spin-off ou de la mise sur le marché ne sont pas réalisées. L'avenir de Bayer risque donc, pendant encore longtemps, d'être dépendant de ce projet. Concernant le domaine de la santé, sur lequel Bayer entend désormais se concentrer, la performance reste marquée par deux événements d'importance: la perte de la licence pour le Cipro et l'affaire Baycol pour laquelle le groupe a passé une charge exceptionnelle de 600 millions d'euros. Par ailleurs, les charges de restructuration restent importantes. Le bénéfice opérationnel de cette division marque ainsi un recul de 43% à 334 millions d'euros en 2003. A noter également que le groupe a été touché de plein fouet par la hausse de l'euro et par les désinvestissements dans cette division: les ventes reculent de 5,3%, alors que leur croissance organique est de 9,2%. Pour l'avenir, Bayer se veut particulièrement positif. Il espère ainsi une hausse de 10% du résultat brut d'exploitation en 2004 (contre une baisse de 28,2% en 2003). A l'horizon 2006, le groupe vise une marge brute d'exploitation de 19% en 2006 (contre 12,4% en 2003). Pour ce faire, Bayer entend s'appuyer sur des économies d'échelle, sur son recentrage et sur la fin des charges exceptionnelles d'importance. A Francfort, l'action Bayer reculait de 5,40% en clôture.

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