Paris signifie son refus de voir Novartis devenir le "chevalier blanc" d'Aventis

Tous unis contre le danger helvétique! C'est, semble-t-il, la position du gouvernement français sur le dossier Aventis. Mercredi, Paris a envoyé plusieurs signaux montrant qu'il n'était absolument pas décidé à laisser le Bâlois Novartis prendre le contrôle du Strasbourgeois Aventis. Ainsi, Matignon a rappelé que Jean-Pierre Raffarin restait sur ce dossier "très attentif à l'intérêt national et stratégique de la France". "Ce qu'il a dit mardi dernier est toujours d'actualité", a-t-on confirmé Rue de Varennes. La semaine dernière, le Premier ministre s'était ému que des domaines sensibles pour la sécurité nationale comme les vaccins puissent passer dans des mains étrangères. Plus prosaïquement, une source proche du gouvernement a déclaré au Figaro: "nous n'allons pas laisser les Suisses mettre la main sur ce que nous avons mis des années à construire". Evidemment, avec ces déclarations d'un patriotisme parfois surprenant, le gouvernement veut envoyer un message à Novartis qui, hier, avait demandé au gouvernement français la plus stricte neutralité pour se lancer dans une contre-offre sur Aventis (lire ci-contre). Pour les opérateurs, cela confirme l'idée que le groupe helvétique n'ira pas à la bataille et a ainsi trouvé une excuse pour ne rien faire. En fin de séance, donc, Aventis se repliait de 2,28% à 62,05 euros, revenant vers des niveaux de valorisation plus conformes à l'offre de Sanofi. De même, les opérateurs revendent logiquement leurs titres Sanofi (-1,36%). Dans l'immédiat, Aventis et Novartis se refusent à tout commentaire. Reste que la position du gouvernement français ne manquera pas de poser des questions sur son engagement dans cette bataille financière. Dans une interview aux Echos mercredi, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jacques Barrot (par ailleurs pressenti pour jouer un rôle important lors d'un éventuel remaniement gouvernemental) a justifié ce retour au "colbertisme". "On ne peut pas reprocher à un pays de veiller à la conservation d'un centre de décision qui compte dans le monde", a-t-il considéré. Rappelons que le code monétaire et commercial, par son article L151-3, permet au gouvernement de s'opposer à tout investissement venant d'en dehors de l'UE susceptible de mettre en cause la sécurité et la santé publique.

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