Conseil pour vos entretiens : les pièges à éviter

 |  | 1109 mots
Lecture 5 min.
Vous pouvez expliquer votre échec par votre nervosité ou votre inexpérience mais, en fait, de nombreux candidats ne répondent pas correctement aux questions. Prenez le cas de ce candidat qui, interrogé sur le projet dont il est le plus fier, a évoqué ses prouesses sexuelles. Ou encore cette personne qui a décrit la difficulté d'inciter des cochons à s'accoupler alors qu'on lui demandait de donner des exemples de sa force de persuasion. "Il est étonnant de constater à quel point les candidats ignorent ce que nous attendons", explique le directeur du recrutement des jeunes diplômés pour une banque d'affaires européenne. "Chez les jeunes diplômés, les réponses peuvent parfois être consternantes." Certaines erreurs vont pourtant de soi. Angela Garnett, directrice du recrutement des jeunes diplômés chez Lazard à Londres, raconte qu'un candidat à qui l'on demandait s'il lisait la presse financière a répondu qu'il la trouvait assez ennuyeuse. "Cela n'était évidemment pas une bonne réponse." Premier tour: des exemples et encore des exemples Que recherchent les banques? En deux mots: des exemples. La plupart d'entre elles utilisent des techniques d'entretien "basées sur les compétences". Au cours du premier tour d'entretiens, on demande généralement aux candidats de fournir des exemples de situations où ils ont fait preuve d'une compétence particulière (technique ou comportementale). "Nous sommes à la recherche d'exemples spécifiques de comportements qui ont eu lieu dans le passé mais qui peuvent nous donner une idée du futur potentiel", précise Nancy Labiner, directrice du recrutement en école pour l'Europe chez Goldman Sachs. "Nous n'attendons pas forcément une expérience au sein d'une banque d'affaires: un candidat peut très bien évoquer un boulot chez Starbucks s'il peut lier cette expérience à des qualités d'encadrement, une participation à un travail d'équipe ou la gestion de clients difficiles, par exemple." Les premières tournées d'entretiens sont généralement menées par des banquiers juniors et des diplômés. C'est surtout à ce stade que vous devrez vous faire remarquer: une banque qui propose 200 stages aux jeunes diplômés doit en effet rencontrer près de 1.600 personnes. Que recherchent les banques? En matière de personnalité, la plupart des banques apprécient les mêmes qualités. En particulier les suivantes: Esprit d'équipe Aptitudes à communiquer Pro-activité Assurance Leadership Pour Joanne Scott, directrice des ressources humaines chez Morgan Stanley, les questions permettant d'identifier certains profils sont du type: "donnez-moi un exemple de situation où vous avez fait preuve de leadership" ou "comment êtes-vous décrit par vos amis ?" Les questions sont ouvertes, indique Scott. Tout en respectant certaines limites, les réponses peuvent couvrir tout type de sujet, du moment qu'elles sont détaillées et adaptées au candidat. "Il ne sert à rien de parler de leadership en employant l'expression "nous"", conseille Scott. Deuxième tour: tests de logique Si la premier tour permet d'évaluer si un candidat possède la personnalité recherchée, les deuxième et troisième entretiens sont plus techniques. À ce stade, les entretiens sont très souvent menés par des banquiers seniors. "Certains commerciaux aiment poser des questions bizarres et mettre le candidat sous pression", explique Vivienne Dykstra, ancienne directrice du recrutement des jeunes diplômés chez Deutsche Bank, aujourd'hui consultante en techniques de recrutement. "L'idée est de mettre les candidats à l'épreuve et de les interroger jusqu'à ce qu'ils craquent, dans le but de voir comment ils réagissent dans ces situations." Vivienne Dykstra explique qu'une des énigmes préférées est : "pourquoi les plaques d'égouts sont-elles rondes ?". Réponse : "pour qu'elles ne tombent pas dans le trou et que l'on puisse les rouler au lieu de les soulever." Parmi les autres questions couramment posées: "combien y a-t-il de voitures rouges au Royaume-Uni ?" ou "vous avez un bol de 100 billes, 50 sont noires et 50 sont blanches. Imaginez une stratégie afin de les séparer tout en ayant les yeux bandés." David Schwartz, chasseur de têtes spécialisé en banque chez Highland Partners à New York et ancien directeur international du recrutement de jeunes diplômés chez Goldman Sachs, explique que les entretiens sous haute pression sont de plus en plus désapprouvés. "Les ressources humaines doivent empêcher les banquiers de poser ce type de questions. Au final, un candidat qui sait résoudre un test de logique ne sera pas forcément efficace pour mener un deal en corporate finance." Quand les candidats se rebiffent Un recruteur raconte l'anecdote d'un candidat qui, fatigué d'être bombardé de tests de logique, a décidé de poser une question aux trois membres du jury. "Supposez que, dans une banque d'affaires, un tiers des employés soient des cons. Quelle est la probabilité que les trois membres du jury soient également des cons?" Inutile de préciser qu'il n'a pas été embauché. Cependant, les bourdes commises en entretien ne signifient pas forcément que le candidat n'a aucune chance. À la fin d'un entretien réussi, Vivienne Dykstra a demandé à un candidat ce qu'il pourrait dire afin de mettre en avant sa candidature: "je n'ai pas de casier judiciaire", a-t-il répondu. Il est tout de même devenu un très bon trader. Questions types d'entretien: Pour des exemples de questions posées chez Morgan Stanley visitez : http://www.morganstanley.com/careers/recruiting/interview/intq_na.html. Questions types de logique utilisées dans les entretiens en banque : Q. Un lundi à l'aube, un escargot est tombé dans un seau de 12 pouces de hauteur. Il a grimpé 3 pouces dans la journée. Puis il est retombé de 2 pouces pendant la nuit. Quel jour l'escargot a-t-il finalement réussi à sortir du seau ? R. Le mercredi, neuf jours plus tard. Q: Un homme est allé d'Aardvark à Beeville en voiture. Le premier jour, il a parcouru un tiers de la distance totale. Le deuxième jour, il a parcouru la moitié de la distance restante. Le troisième jour, il a parcouru les 2/3 de la distance restante. Le quatrième jour, après avoir parcouru les 3/4 de la distance restante, il se trouvait toujours à 5 miles de Beeville. Combien de miles avait-il déjà parcouru? R. 175 miles: le voyage total est de 180 miles. Le premier jour, il a parcouru 60 miles, ce qui lui laissait 120 miles à parcourir. Le deuxième jour, il a parcouru 60 miles, ce qui lui laissait encore 60 miles à parcourir. Le troisième jour, il a parcouru 40 miles, ce qui lui laissait 20 miles. Enfin, le quatrième jour, il a parcouru 15 miles, ce qui lui laissait ainsi 5 miles à parcourir.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :