Stagnation de l'emploi salarié en France au premier trimestre

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C'est le calme plat: aucune amélioration sur le front de l'emploi n'est à signaler en France. En effet, au premier trimestre, l'emploi salarié dans le secteur concurrentiel est resté quasiment inchangé, selon les données publiées ce matin par le ministère de la Cohésion sociale. A la marge, le ministère précise la suppression de 6.000 postes. Sur un an, les statistiques sont à peine plus réjouissantes. L'emploi salarié progresse de 0,3%, totalisant 15.424.800 salariés.Pour l'Unedic, dont le champ est différent et couvre les entreprises affiliées à l'assurance chômage, le constat est à peu près le même. Par rapport au trimestre précédent, l'emploi salarié est stable - 3.200 postes ont été cette fois-ci créés - tandis qu'en glissement annuel, il affiche une progression de 0,5%.Selon le ministère dirigé par Jean-Louis Borloo, la stagnation de l'emploi entre janvier et mars s'explique par d'importantes suppressions d'emplois dans l'industrie, tout juste compensées par les créations dans la construction et le secteur tertiaire.Selon les données du ministère de la Cohésion sociale, l'emploi industriel, en berne depuis quatre ans, s'est fortement contracté au premier trimestre, reculant de 0,8% par rapport au quatrième trimestre 2004 (-32.000 postes) et de 2,2% par rapport au premier trimestre 2004 (-86.700 postes). Il s'agit de la plus forte baisse de ce secteur depuis le quatrième trimestre 2003, "interrompant ainsi l'amélioration perçue au cours de l'année 2004", souligne le ministère.Les secteurs qui créaient de l'emploi au trimestre précédent en suppriment cette fois-ci. Ainsi, les industries agricoles et alimentaires et l'industrie automobile ont supprimé chacune 3.000 postes. Quant au secteur des industries des biens de consommation, il enregistre sa plus forte baisse depuis plus de dix ans, l'emploi reculant de 1,2%, soit 8.000 suppressions de postes. Le commerce est également frappé par la morosité ambiante. Après avoir progressé de 8.000 postes (+0,3%) entre octobre et décembre, l'emploi salarié dans ce secteur recule de 0,1%, avec 2.000 postes en moins. Selon le ministère, cette baisse est imputable aux secteurs du commerce de gros (-4.000 postes) et de la réparation automobile (-3.000 postes).Parmi les secteurs les plus dynamiques, on peut citer la construction. Dans ce domaine, l'emploi salarié affiche une augmentation de 0,5% sur le trimestre, soit 6.000 nouveaux postes, et de 1,4% sur un an (+17.700 postes). Il s'agit de la plus forte hausse depuis le dernier trimestre 2001, ce qui "rejoint la tendance à l'amélioration des soldes d'opinion des entrepreneurs sur les effectifs depuis 2003", précise le ministère.Enfin, les créations d'emplois dans le secteur tertiaire, hors intérim - le secteur généralement le plus prolifique - s'essoufflent. Il n'enregistre que 18.000 postes supplémentaires (+0,2%), contre 24.000 postes au quatrième trimestre 2004. Sur un an, l'emploi dans le secteur tertiaire, seul moteur des créations d'emplois depuis la mi-2001, augmente de 1,1%, soit 110.100 postes. Dans les services aux entreprises, 4.000 nouveaux postes seulement ont vu le jour entre janvier et mars (+0,2%). Une progression deux fois moindre qu'au trimestre précédent. En revanche, dans le secteur des services aux particuliers, la création d'emploi s'accentue avec 10.000 postes supplémentaires ce trimestre (+0,5%) après une hausse de +4.000 emplois au trimestre précédent. Dans ce secteur, les hôtels et restaurants (+7.000 postes, +0,8%) et les services personnels et domestiques (+4.000 postes, soit +0,5%) sont "particulièrement dynamiques", souligne le ministère.Si ces statistiques dressent un triste bilan de l'action du gouvernement Raffarin en termes de création d'emplois, elles restent préoccupantes pour son successeur, Dominique de Villepin, qui a fait de la lutte contre le chômage son unique priorité.

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