L'Insee confirme la belle fin d'année de l'économie française

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Le PIB de la France a finalement progressé de 0,8% au quatrième trimestre 2004 - 0,76% arrondi à 0,8% -, s'inscrivant dans le haut de la fourchette établie par l'Insee la semaine dernière dans son estimation précoce de la croissance française.La première estimation de l'Insee faisait en effet état d'une croissance trimestrielle du PIB comprise entre 0,7% et 0,8% (voir ci-contre). Après avoir progressé de 0,7% aux premier et deuxième trimestres, et après la pause surprise enregistrée au troisième, l'économie française aura terminé l'année en fanfare. Une belle performance, surtout si on la compare aux reculs de 0,2% et 0,3% enregistrés au quatrième trimestre par ses partenaires européens, l'Allemagne et l'Italie.Cette performance provient une fois de plus de la bonne tenue de la consommation des ménages. Au quatrième trimestre, celle-ci s'est inscrite en nette hausse, progressant de 1,2% après le trou d'air enregistré entre juillet et septembre (-0,2%). De fait, la demande domestique contribue pour 0,7 point à la croissance trimestrielle. Sur l'année, les dépenses des ménages ont augmenté de 2,2%. Principal moteur de l'économie, elles ont apporté 2,5 points à la croissance française en 2004.L'investissement représente l'autre locomotive de la croissance. Si les dépenses d'équipement des entreprises affichent une hausse trimestrielle de 1,2% (après -1,1% au troisième trimestre), l'investissement des ménages en logements accélère également (+1,1% après 0,5%) sur la période. L'investissement total a finalement progressé de 0,9% au cours du quatrième trimestre, apportant 0,2 point de croissance au PIB. En 2004, il aura progressé de 3,3%.Une performance que tempèrent malgré tout la plupart des économistes. "Dans un processus de rebond de l'économie, ce résultat apparaît cependant décevant, surtout après deux années complètes de repli. Les entreprises sont restées relativement prudentes l'an passé face à la meilleure orientation de la demande, constat par ailleurs visible dans les résultats du marché de l'emploi où les créations d'emplois furent limitées", explique notamment Nicolas Claquin au CCF.Les stocks ont reculé de 0,3% au quatrième trimestre (après +0,7% entre juillet et septembre). Sur 2004, les variations de stocks ont contribué de 0,9 point à la croissance.Quant au commerce extérieur, sous le coup de l'accélération des exportations (+1,3% après +0,5% au troisième trimestre) et d'une hausse contenue des importations (+1,1% après 2,3%), il a un impact neutre sur la croissance. Au troisième trimestre, la contribution du commerce extérieur avait coûté 0,5 point à la croissance française. Sur l'année, les exportations et les importations ont respectivement progressé de 3,2% et 7,4%. Au regard de ce déséquilibre, le commerce extérieur a eu une contribution négative de 1,2 point sur la croissance.Compte tenu de cette belle fin d'année, le PIB de la France a progressé de 2,3% sur 2004 en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables. Pour mémoire, la croissance française avait progressé au rythme de 1,1% et 0,5% en 2002 et 2003. En données non corrigées - une méthode généralement écartée par les économistes - le PIB a progressé de 2,5%, conformément aux estimations du gouvernement... Pour 2005, les prévisions officielles tablent sur une croissance de 2,5%. En données brutes ou corrigées? Pour l'instant, sur cette question, les économistes sont dans le flou. En tout cas, ils sont bien moins optimistes que le gouvernement et anticipent un chiffre compris entre 1,6% et 2%. Selon eux, la consommation des ménages, dopée par les mesures Sarkozy comme le déblocage de l'épargne salariale et les franchises d'impôts sur donations, ne pourra pas jouer le même rôle moteur en 2005. D'autant plus que les déséquilibres persistants sur le marché de l'emploi - le taux de chômage est resté stable en 2004 - devraient affecter le moral des Français et peser sur leur boulimie consommatrice.

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