Semaine sociale, premier round

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Ce sont les postiers qui ont ouvert le bal. Ce mardi, au premier des trois jours de manifestations qui devraient perturber les services publics jusqu'à jeudi, les salariés de La Poste ont entamé une grève à l'appel des syndicats CGT, SUD, FO et CFTC qui représentent 78% des 300.000 postiers. Selon la direction de La Poste, qui assure avoir "mis tout en oeuvre pour assurer une continuité du service public", 15,4% seulement des postiers ont suivi le mouvement. Les évaluations réalisées par les syndicats évoluent en revanche entre 20 et 30%.A l'origine de cette manifestation de mécontentement, l'ouverture de discussions à l'Assemblée nationale sur le projet de loi dit de "régulation des activités postales" qui, s'il était voté, entraînerait la libéralisation des activités du groupe et la création d'un établissement de crédit postal. Une loi qui, selon les syndicats, pourrait conduire à la suppression d'un millier d'emplois, un recul de la présence postale dans les zones rurales et le glissement de l'ensemble des services financiers de La Poste, à l'heure actuelle filialisés, vers une activité bancaire pure et simple. Afin de dissiper les inquiétudes sur la disparition des établissements postaux dans les campagnes françaises, le ministre de l'Industrie, Patrick Devedjian, a déclaré que le gouvernement déposerait un amendement prévoyant que tout usager aura accès à un point de contact postal "dans un périmètre de cinq kilomètres maximum".Après les postiers, ce sont les cheminots qui prendront le relais, pour dénoncer un budget 2005 qui se traduira par la suppression de 3.950 emplois. Les premières perturbations débuteront ce soir à 20h00 et dureront jusqu'à jeudi 8h00. Cette grève permettra au gouvernement et à la SNCF de tester l'accord signé sur la prévention des conflits et la continuité du service public (voir ci-contre).Demain également, les salariés d'EDF-GDF manifesteront leur mécontentement. Plusieurs revendications sont à l'origine de ce mouvement: protestation contre le changement de statut du groupe, contre l'abandon du projet de fusion des deux entreprises, contre l'accord de branche sur le régime de protection sociale des électriciens et des gaziers. Les salariés protestent également contre le projet industriel d'EDF qui pourrait entraîner entre 12.000 et 15.000 suppressions d'emplois selon les syndicats. Enfin, jeudi, ce sont les fonctionnaires qui descendront dans la rue pour manifester à la fois leur inquiétude quant aux nombreuses réductions d'effectifs prévues dans le budget 2005 et pour réclamer une revalorisation salariale de 5%. Ils estiment insuffisante la hausse de 1% des salaires accordée par le ministre de la Fonction publique Renaud Dutreil à la fin du mois dernier. Par la voix de son porte-parole Jean-François Copé, le gouvernement a lancé "un appel à la responsabilité des grévistes", ces réformes n'ayant qu'un "seul objectif, moderniser notre pays et assurer une qualité des services publics".

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