Suède : privés de référendum, les opposants prient pour un "non" en France...

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Pro-européen, le quotidien libéral Expressen note: "Si la France vote non, la Constitution est morte. Formellement, il restera à l'Union le traité de Nice, un règlement bâclé qui fonctionne mal pour une Union aussi grande". Le journal engage ainsi le gouvernement suédois à prendre ses responsabilités, en cas de non français, pour oeuvrer à une poursuite de la construction européenne afin de sauver ce qui peut l'être.Or depuis le référendum suédois sur l'euro qui s'était soldé par un cinglant "non" à la monnaie unique en 2003, les questions européennes sont redevenues tabou en Suède. Pour le Premier ministre social-démocrate Göran Persson, un référendum sur la Constitution est donc hors de question tant son issue serait prévisible dans cette très eurosceptique Suède. "Inutile de convoquer un référendum pour des changements aussi minimes" que ceux contenus dans la Constitution européenne, plaide-t-il.Du coup, la tenue d'un référendum est devenue en soi la seule question débattue en Suède. Sören Wibe, député social-démocrate et ex-eurodéputé, a ainsi lancé le 3 mai une campagne pour rassembler près de 7.000 signatures de militants sociaux-démocrates, ce qui forcerait la direction du parti, pro-européenne, à organiser un référendum interne, comme ce fut le cas du PS français. Son idée est de forcer la main de Göran Persson pour qu'il organise un référendum au niveau national sur la Constitution.Sören Wibe, mouton noir de son parti, conserve le verbe haut et constate que l'euroscepticisme français commence à avoir "le même profil politique qu'en Europe du Nord, c'est à dire essentiellement un mouvement de centre-gauche. "Les lois de l'UE, estime-t-il, ont donné à l'Europe plus de marché et moins de justice sociale". Et de poursuivre : "De même que la gauche eurosceptique française demande que l'on n'inscrive pas le libéralisme de marché dans la Constitution, nous sociaux-démocrates suédois devrions exiger qu'il soit clairement dit dans la Constitution européenne qu'elle ne puisse pas prévaloir sur le droit du travail suédois". Référence explicite à l'affaire de Vaxholm, où une entreprise lettone contractée par une commune suédoise a refusé de signer les accords collectifs suédois, provoquant un tumulte politico-social dont la Cour européenne de justice devra maintenant se dépêtrer.De son côté, Lars Danielsson, secrétaire d'Etat en charge des questions européennes, s'inquiète qu'un non français ne retarde entre autres les négociations sur le budget 2007-2013 de l'UE, qui devraient aboutir en juin. La Suède, comme cinq autres pays, souhaite que le budget de l'UE soit plafonné à 1% du PNB total des pays membres, alors que la Commission parle de 1,14% pour financer l'élargissement. "Nous sommes très loin les uns des autres sur cette question, et si le non l'emporte en France, les chances de parvenir à un accord sont extrêmement timides", estime-t-il.

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