Déficit extérieur record au premier semestre

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La dégradation du commerce extérieur se confirme. Selon les chiffres affichés par les services des Douanes, le déficit extérieur de l'Hexagone a atteint un niveau record de 11,193 milliards d'euros au premier semestre. Les importations ont progressé de 3,5% par rapport au second semestre 2004 et parviennent à leur sommet à 187 milliards d'euros. La demande domestique en produits étrangers a surtout progressé dans les biens de consommation (+4,1%) et les produits de l'industrie automobile. En effet, la hausse continue des importations dans l'automobile depuis deux ans se maintient, et inscrit une croissance de 4,5% au premier semestre.La flambée du prix du pétrole a logiquement pesé sur le commerce extérieur français. La facture énergétique s'élève à 17,2 milliards sur les six premiers mois, soit 8,8% d'achats de produits énergétiques supplémentaires par rapport au second semestre 2004. "L'alourdissement de la facture énergétique représente 5 milliards d'euros sur les 11,2 milliards d'euros de déficit enregistré par la France", précise le ministre délégué au Commerce extérieur, Christine Lagarde, au cours de la présentation de ces statistiques De leur côté, les exportations, en hausse de 2,6%, atteignent également un record à 175,8 milliards d'euros au premier semestre, portées par la demande étrangère en biens d'équipement français (+4,2%) et de biens de consommation (+2,7%). Elles ont notamment dépassé le seuil des 30 milliards d'euros en avril et en mai. La branche aéronautique affiche une embellie remarquée. Sur les six premiers mois, 107 appareils d'Airbus ont été vendus pour une valeur de 6,5 milliards d'euros. Cette dégradation des comptes extérieurs de la France s'explique également par "le différentiel de croissance existant entre la France et ses principaux partenaires européens", a souligné Christine Lagarde. Parce que la zone euro représente les deux tiers des échanges extérieurs de la France, l'atonie persistante de l'Euroland pèse sur le commerce français. En clair, la France consomme et importe tandis que l'Allemagne et l'Italie consomment peu et ne comptent que sur les exportations pour soutenir la croissance. Quand le "dynamisme" économique devient un handicap...En outre, pour expliquer cette dégradation de la balance commerciale de la France, le ministre souligne les effets décalés de l'appréciation de l'euro qui, entre 2002 et 2004 a vu sa valeur progresser de 50% par rapport au dollar, pénalisant fortement les entreprises exportatrices françaises. Dès lors, compte tenu de ces statistiques, les prévisions pour l'ensemble de l'année 2005 s'annoncent moroses. D'autant plus que le déficit de la balance énergétique devrait dépasser 40 milliards d'euros à la fin de l'année, contre 29 milliards en 2004.Le plan "Export" qui sera dévoilé à la rentrée tombera donc à pic. Axé sur le développement de nouveaux outils en faveur des entreprises exportatrices, notamment les PME, ce plan "d'urgence" aura pour objectif principal de réorienter le commerce extérieur français vers les pays émergents à forte croissance et ce, dans douze secteurs jugés prioritaires. Pour que le commerce extérieur apporte enfin quelques points à une croissance désespérément molle.

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