La zone euro sombre dans la morosité

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Toujours plus bas. Depuis le mois de novembre dernier, la confiance des entrepreneurs et des consommateurs européens est en chute libre. L'indice synthétique calculé par la Commission européenne, qui résume l'opinion des acteurs économiques et des ménages, a à nouveau perdu un point en avril à 96,5. Il avait cédé 1,3 point en mars.Cette morosité est surtout sensible chez les chefs d'entreprise, notamment dans la construction et le secteur tertiaire. Cette dégradation du moral des entrepreneurs de la zone euro est en ligne avec les résultats de l'enquête de conjoncture industrielle publiée aujourd'hui par l'Insee et qui témoigne d'un recul sensible de la confiance des chefs d'entreprise français (voir ci-contre). En revanche, la confiance des ménages a gagné un petit point, effaçant le recul équivalent enregistré en mars dernier. Elle retrouve de ce fait le niveau des six mois antérieurs.Dans l'ensemble de l'Union européenne - l'Europe à 25 -, la confiance des entrepreneurs et des ménages a reculé plus nettement, perdant 1,7 point en avril (après 2,4 points en mars), à 98.Les experts de Bruxelles notent une dégradation de la confiance plus marquée au Royaume-Uni et en France et, dans une moindre mesure, en Italie et en Allemagne. En revanche, le moral est au beau fixe en Espagne et en Pologne. Ce matin, l'Espagne a enregistré un recul de 0,36 point de son taux de chômage au premier trimestre par rapport aux trois derniers mois 2004. Une performance qui contraste avec les chiffres décevants dévoilés pour la France par l'Insee. L'autre déception du jour enregistrée par Bruxelles concerne le climat des affaires en avril. Celui-ci a chuté de 0,19 point à -0,28. "Alors que l'indicateur avait commencé à baisser à l'été 2004, ce déclin s'est accéléré depuis le début de l'année", indique la Commission dans un communiqué. Toutes les composantes de l'indicateur affichent une baisse, notamment l'opinion des industriels dont les carnets de commande globaux et à l'exportation reculent sensiblement. Et la situation ne devrait pas s'améliorer dans les prochains mois. "La croissance de l'activité s'annonce extrêmement faible, voire nulle au deuxième trimestre, ce qui signifie qu'à une année d'amélioration - de la mi-2003 à la mi-2004 - aura succédé une année de déceptions et de croissance anémique", explique Olivier Gasnier à la Société Générale. "Les causes conjoncturelles de ce nouveau coup de froid sont bien identifiées: euro fort et renchérissement du pétrole. Mais cette déprime persistante remonte à 2001, la croissance n'ayant pas dépassé en moyenne 1,2% sur la période 2001-2004. Compte tenu de ces éléments, ainsi que du recul de la confiance, la zone euro enregistre actuellement un 'triple dip' tout à fait inédit", ajoute l'économiste."De fait, la croissance de la zone euro ne devrait pas dépasser 1,4% en 2005", estime Véronique Riches-Flores de la Société Générale. "Et encore, c'est un taux de croissance maximal qui pourrait être révisé à la baisse si le prix du pétrole se maintenait à un niveau élevé".

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