Première baisse du taux directeur britannique depuis deux ans

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La nouvelle est sans surprise pour les économistes mais elle marque un revirement dans la conduite de la politique monétaire britannique. En effet, la Banque d'Angleterre (BoE) a annoncé la baisse de son taux directeur de 25 points de baseà 4,50%. Il s'agit de la première baisse depuis juillet 2003, date qui avait marqué le début de cinq hausses successives portant le taux de 3,5% à 4,75%. En réalité, les autorités monétaires britanniques ont changé de priorité. En juillet, Charles Bean, économiste en chef de la Banque d'Angleterre, annonçait que "l'inflation n'est plus la première préoccupation". En effet celle-ci s'établissait à 2% en juillet, selon l'Office des statistiques nationales (ONS), ce qui correspond à la limité fixée par le gouvernement. Dès lors, un assouplissement de la politique monétaire était crédible, privilégiant ainsi l'objectif de croissance.Au regard des indicateurs fournis par l'ONS, relancer la croissance devenait un réel enjeu au Royaume-Uni. Au 2ème trimestre 2005, le Produit intérieur brut (PIB) progressait de 1,7% sur un an, soit la plus faible hausse depuis 1993. Par rapport au 1er trimestre, l'activité industrielle reculait de 0,4% tandis que celle du secteur tertiaire augmentait d'à peine 0,6%. Du côté de l'emploi, le chômage conserve un niveau de taux faible à 2,8% en juin mais le nombre de demandeurs s'est accru de 6,3% sur le 1er semestre. Quant à la consommation des ménages, la hausse de 1,3% des ventes de détail de juin - une progression qu'envierait certaines économies européennes - elle correspond en fait, à la pire performance enregistrée depuis janvier 1999.En outre, la discipline monétaire indispensable à la lutte contre l'inflation ne semblait plus aussi justifiée. En témoignent les dernières statistiques. Pour mémoire, les prix à la consommation ont augmenté de 2% entre juin 2004 et 2005. Ce résultat était exactement conforme aux prévisions et correspondait à la limite fixée par la Banque d'Angleterre. De plus, la hausse des valeurs, très surveillée, sur le marché de la pierre s'est ralentie et a apaisé les angoisses de la BoE concernant la bulle spéculative immobilière. En juillet 2005, les prix avaient progressé de seulement 2,6% contre 4,1% en juin.Dès lors, rassurées sur le niveau d'inflation, les autorités monétaires comptent sur la mécanique des taux pour amorcer la reprise britannique puisqu'en agissant sur son propre taux, la banque centrale agit sur les taux pratiqués par les banques de second rang. De fait, l'accès au crédit des ménages et des entreprises est facilité, stimulant consommation, demande et investissement. Le cercle de la croissance peut alors s'enclencher si l'ampleur de la baisse est suffisante.Si la première baisse de taux ne remplit pas ses promesses de relance de la croissance, une baisse supplémentaire pourrait être envisagée. Or, la Grande Bretagne ne semble pas encore prête à un nouvel élan de laxisme monétaire comme le pressent Alexis Garatti, économiste chez IXIS-CIB :"Nous ne pensons pas que cette réduction du taux diercteur sera renouvellée en septembre".La BCE maintient le statu quoLa Banque centrale européenne (BCE) a laissé son principal taux directeur inchangé à 2%. Une décision largement attendue par les économistes. Le taux directeur de la BCE est inchangé depuis juin 2003. Contrairement aux usages habituels, le comité de politique monétaire n'est suivi d'aucune conférence de presse. La prochaine réunion se déroulera début septembre.

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