"Une hypothèse de croissance surréaliste pour le budget 2006"

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latribune.fr.- Que pensez-vous de l'hypothèse de croissance de 2,25% retenue par Bercy pour établir son budget 2006?Philippe Waechter.- Cette projection est à peu près aussi surréaliste que les 3 à 4% d'augmentation du PIB français à venir qu'évoquait Thierry Breton ce week-end à New York. Une fourchette comprise entre 1,5 et 1,8% aurait été plus fiable. La France a du mal à participer à la reprise mondiale, ses exportations progressent à un rythme bien plus faible que l'Allemagne.La consommation intérieure ne peut-elle pas jouer le rôle de locomotive de la croissance?Au vu de la morosité des chefs d'entreprise, les embauches ne devraient pas reprendre de sitôt. Pas plus que les investissements, qui ont plutôt tendance à accompagner le mouvement de délocalisation de la production et de l'activité hors de l'Hexagone. Dans un contexte où le marché du travail manque ainsi de dynamisme, et le taux de prélèvement obligatoire est maintenu au même niveau que cette année, rien ne vient stimuler les dépenses des ménages. Pour la suite, encore faut-il que les réductions fiscales prévues en 2007 ne viennent pas gonfler le taux d'épargne des foyers fiscaux. Le maintien du déficit à 46,8 milliards d'euros en 2006 paraît donc difficile à tenir?Absolument. D'autant que l'an prochain, les finances publiques ne disposeront pas de la soulte EDF. Chaque année c'est le même jeu: les prévisions de croissance s'avèrent trop optimistes, de sorte que le déficit budgétaire est difficile à respecter.Que pensez-vous des mesures fiscales annoncées?L'impôt sur le revenu gagne indéniablement en simplicité avec la réduction du nombre de tranches à cinq au lieu de sept. Toutefois, dans ce souci de transparence et de simplification, on comprend mal pourquoi le gouvernement n'engage pas une vraie réforme fiscale. Pour commencer, le barème d'imposition en taux marginal, très abscons, devrait être remplacé par un système de taux effectif. Surtout, la mise en place d'un mécanisme de prélèvement à la source, qui prévaut déjà dans nombre de pays occidentaux, serait particulièrement judicieux.Et sur le plafonnement des impôts à 60%?Le gouvernement évite soigneusement de refaire la même erreur que Chirac en 1986, qui avait abrogé l'impôt sur les grandes fortunes (IGF). Ce plafonnement permet de contourner l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en le rendant simplement moins pesant.La Lolf (loi organique relative aux lois de finances) introduit-elle une réforme en profondeur de la gestion de l'Etat?Nous le verrons à l'usage. Espérons que le budget français y gagnera en clarté.

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