Une réforme fiscale au secours des chômeurs allemands

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La cible est la même de part et d'autre du Rhin: le chômage. Alors que Thierry Breton faisait part hier de sa préoccupation face à ce fléau, Gerhard Schröder a présenté ce matin son plan d'action pour résorber le chômage. Sauf qu'en Allemagne, l'urgence est encore plus aiguë. Confronté au plus fort taux de chômage enregistré par l'Allemagne depuis la fin de la seconde guerre mondiale (12,6%) dans un contexte de croissance molle - le PIB a progressé de 1,6% en 2004 -, le gouvernement de Gerhard Schröder se trouve dans l'obligation de réagir rapidement. A moins d'hypothéquer sérieusement ses chances lors des prochaines échéances électorales. La première économie de la zone euro compte en effet actuellement 5,2 millions de chômeurs.Espérant avoir trouvé "la" solution miracle pour inciter les entreprises à embaucher, le Chancelier allemand a proposé ce matin devant le Bundesrat - le Sénat allemand - de réformer la fiscalité des entreprises en abaissant l'impôt sur les sociétés de 25% à 19%. Outre ce dispositif, qui serait mis en place assez rapidement en cas de succès parlementaire, le chef du gouvernement a annoncé pour l'automne prochain une réforme de fond de la fiscalité qui allègerait notamment la charge fiscale des PME.Pour financer cette réduction de l'impôt sur les bénéfices, Gerhard Schröder a exclu de recourir à l'endettement, proposant plutôt de réduire les niches et les avantages fiscaux prévus par la fiscalité allemande. Elle pourrait également être partiellement financée par un renforcement de l'impôt minimal sur les sociétés."Cette réforme est une bonne chose. Le gouvernement agit dans le bon sens, malgré les réticences initiales du ministre des Finances, Hans Eichel, d'alléger l'imposition des entreprises allemandes. De toutes façons, le gouvernement n'avait pas beaucoup le choix, le taux d'imposition des entreprises en Allemagne étant, après celui appliqué au Japon et aux Etats-Unis, le plus élevé au monde. Il fallait faire quelque chose pour lutter contre les délocalisations, notamment dans les Pays d'Europe Centrale et Orientale (PECO) où la fiscalité de entreprises dépasse rarement les 10%. Cette réforme, si elle passe, est un complément idéal à ce qui a déjà été entrepris pour abaisser les coûts unitaires salariaux, tant dans le secteur public que privé", explique Sylvain Broyer chez Ixis CIB, interrogé par latribune.fr."Quant à savoir si cette réforme créera de l'emploi, il est encore trop tôt pour le dire. Une chose est sûre, elle devrait permettre de ralentir les fuites d'emplois vers les PECO et les autres pays émergents", ajoute l'économiste. Par ailleurs, le Chancelier présente cet après-midi aux dirigeants de l'opposition conservatrice un premier bilan de son programme de réforme baptisé "Agenda 2010" engagé depuis deux ans, ainsi que de nouvelles mesures de relance de la croissance. Ces mesures prévoient notamment la mise en place de crédits bonifiés destinés à soutenir l'investissement des PME, ainsi qu'un programme de développement des transports qui soutiendrait les secteurs du bâtiment et des travaux publics en difficulté chronique. Ce programme serait doté d'une enveloppe budgétaire de 2 milliards d'euros. Le Chancelier a par ailleurs réclamé le démantèlement d'une subvention pour l'accès à l'immobilier - un crédit d'impôt mis en place depuis 1996 -, l'économie dégagée pouvant servir à financer la recherche et développement dans le public. Sur le plan social, Gerhard Schröder prévoit de lancer un programme de 250 millions d'euros pour venir en aide aux chômeurs de longue durée. Un peu de social, un peu de fiscal, l'Allemagne peine à retrouver la recette exacte pour renouer avec une croissance stable et solide. Le gouvernement obtiendra-t-il prochainement le dosage parfait? Réponse dans les prochains mois.

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