Le pétrole pèse sur les prix à la production aux Etats-Unis

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C'est une confirmation. Alors que la Réserve fédérale se disait préoccupée par la hausse des prix lors de sa dernière réunion le 22 mars dernier - tout en excluant une accélération de la hausse des taux - , les statistiques du jour publiées par le département du Travail confirment la tendance au retour d'une légère inflation aux Etats-Unis. Ce lundi, l'un des douze gouverneurs de la Fed (Alan Greenpan compris), Susan Bies, avait insisté sur le fait que la banque centrale américaine devait prêter attention à l'évolution des indices de prix.Les prix à la production - payés par le secteur du commerce aux producteurs - ont progressé de 0,7% en mars, stimulés par la hausse récente des cours du pétrole de part et d'autre de l'Atlantique. Soit la plus forte hausse enregistrée depuis le mois de novembre dernier. En revanche, l'indice de base, qui ne tient pas compte des prix de l'énergie et de l'alimentaire, toujours très volatils, n'a progressé que de 0,1%. Ces statistiques divergent par rapport au consensus des économistes qui avaient anticipé une hausse de 0,6% des prix à la production et de 0,2% de l'indice de base. Par ailleurs, le département du Travail a laissé inchangé ses estimations de février. Sur ce mois, les prix à la production et l'indice de base ont donc respectivement augmenté de 0,4% et 0,1% (voir ci-contre).La hausse des prix à la production en mars dernier s'explique en très grande partie par la flambée récente du pétrole, l'accalmie actuelle sur les marchés ne s'étant pas encore traduite dans les statistiques macro-économiques. En mars, les prix de l'énergie ont augmenté de 3,3% (après +1,4% en février), soit la plus forte progression constatée depuis le mois d'octobre dernier. Quant à l'alimentation, elle a enregistré une hausse de 0,3%, après +0,8% en février. Hors alimentation et énergie, la faible progression de l'indice de base s'explique en partie par une baisse du prix des ordinateurs (-3,4%) et des voitures (-0,2%), à peine contrebalancée par la hausse des tarifs des avions commerciaux (+0,9%), des biens intermédiaires (+1%) et des matières premières (+4,3%).De fait, compte tenu de ces statistiques mensuelles, l'augmentation des prix à la production et de l'indice de base s'élève respectivement à 4,9% et 2,6% en glissement annuel.Au regard de ces statistiques, la Fed s'apprête-t-elle à accélérer le resserrement monétaire entamé en juin 2004? Certains économistes excluent cette hypothèse. "Même si les conditions de crédit restent encore très accommodantes, malgré les hausses successives de taux, et même si les cours des matières premières devraient se maintenir à la hausse cette année, la solidité de la croissance américaine est trop fragile pour que la Fed prenne un tel risque", estime Véronique Riches-Flores, économiste à la Société Générale."De plus, les tensions inflationnistes aux Etats-Unis devraient rester limitées en 2005. Bien que l'inflation avoisine selon nous 3-3,5% cette année, au-dessus du consensus qui anticipe une hausse de 2,5% des prix, elle devrait être freinée par la faible progression anticipée des salaires", ajoute l'économiste.

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