Alan Greenspan se préoccupe de l'Amérique d'en bas

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On se croirait en France. Depuis quelques semaines, le fossé qui n'a cessé de se creuser ces dernières années entre riches et pauvres aux Etats-Unis intéresse tout le monde outre-Atlantique, le président de la Réserve Fédérale Alan Greenspan en tête. Lors d'une intervention face à la commission économique du Congrès, il est allé jusqu'à déclarer que ce fossé "n'est pas le genre de chose qu'une société démocratique, une société capitaliste démocratique, peut vraiment ignorer". De fait, si la moyenne des revenus a augmenté ces derniers temps, c'est principalement parce qu'elle a été gonflée par les bonus reçus par les plus favorisés, sans compter les stock options qu'ils ont exercées. Quant à la majorité des salariés non cadres, ils ont vu leurs revenus rester quasiment stables. Pis, selon certaines informations publiées par le Congrès, ceux qui se trouvent tout en haut de l'échelle sociale ont bénéficié d'un revenu après impôts en hausse de 11,4% en 2002, alors qu'en 1979, cette augmentation n'avait été que de 7,5%. Selon certains, les revenus sont plus concentrés en haut de l'échelle sociale américaine qu'ils ne l'ont jamais été depuis les années 30. Les Démocrates se font donc un plaisir de pointer du doigt les réductions d'impôts offertes par le Congrès sur l'insistance de George Bush lors de son premier mandat et qu'il souhaite pérenniser. Les Républicains, au contraire, estiment que les chiffres sont avant tout biaisés, et ne prennent pas en compte, par exemple, la richesse contenue dans l'immobilier possédé par de nombreuses familles américaines. Ils notent aussi, comme Alan Greenspan lui même d'ailleurs, que malgré toutes ces inégalités, l'économie américaine se porte bien. Le taux de chômage est en baisse, la croissance du PIB en hausse et l'inflation sous contrôle. Autant d'éléments positifs pour tous. D'ailleurs, et c'est là l'ironie de l'histoire, les Américains ne se vivent pas tous comme "appauvris". Ainsi, si 44% des personnes interrogées lors d'un récent sondage effectué pour le New York Times, estimaient avoir eu "une enfance ouvrière", 35% d'entre eux seulement se considéraient comme appartenant maintenant à cette même classe. Et quand 18% disent avoir grandi dans la classe moyenne-basse, 7% seulement des mêmes estiment qu'ils y sont encore. Bref, les Américains préfèrent, à tort ou à raison, penser qu'ils ne sont pas si mal lotis que cela. Histoire de garder le moral.

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