L'AIE révise à la baisse ses prévisions de demande de pétrole en 2005 et 2006

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Un effet statistique. Dans son rapport mensuel daté d'août, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a abaissé de 150.000 barils par jour sa prévision de demande mondiale de pétrole en 2005. Celle-ci s'établit désormais à 83,7 millions de barils par jour (mbj). Pour 2006, les prévisions de l'AIE sont également révisées à la baisse. L'Agence mise une réduction quotidienne de 120.000 barils à 85,5 mbj. Ces révisions à la baisse augurent-elles d'un ralentissement de la demande ? Les experts de l'AIE sont catégoriques : elles ne sont dues qu'à une modification de la base statistique historique. La demande devrait rester soutenue, la prévision de croissance de la demande étant inchangée en 2005 et 2006. Elle s'établit respectivement à +1,60 mbj et +1,78 mbj.Dans son rapport mensuel, les experts de l'AIE expliquent l'actuelle forte montée des cours - la barre des 65 dollars le baril a été établie ce matin à Singapour et à New York dans les échanges électroniques -, par "une série de perturbations de l'offre, de problèmes géopolitiques, de nombreux ouragans et une forte demande des raffineurs pour du pétrole léger non souffré". L'Agence précise que cette hausse des cours du pétrole n'a provoqué qu'une "réponse limitée en termes de demande et de substitution. Ils n'ont pas complètement étouffé la croissance de la demande de pétrole".En effet, la production totale au mois de juillet a augmenté de 250.000 barils par jour pour s'élever à 84,7 mbj. De leur côté, les stocks des pays de l'OCDE ont légèrement progressé en juin par rapport à mai. Deux jours de consommation ont été gagnés par rapport à la même période de l'année dernière, portant à 54 le nombre de jours de consommation sur lesquels les pays de l'OCDE peuvent compter. Sur l'ensemble du deuxième trimestre, les stocks ont augmenté de 1,32 mbj, à 2,669 milliards de barils.Toujours prudente, l'AIE invite les pays consommateurs à rester économes afin de pouvoir parer aux tensions du marché en période de capacités limitées. Ce qui est actuellement le cas après les récents incidents techniques ayant perturbé quelques importantes raffineries aux Etats-Unis. Par ailleurs, l'AIE se veut rassurante sur la santé de l'économie mondiale, estimant que la montée des cours n'a pas été assez forte jusqu'ici "pour renverser la tendance de la croissance économique, ce qui est bien", précisant toutefois que "l'économie mondiale est toujours largement en train de répondre à la hausse des cours de l'an dernier et attend encore de ressentir la force de l'augmentation de cette année".L'optimisme de l'AIE pourrait donc s'effriter au cours des prochains mois, une fois que les conséquences du surenchérissement de la facture énergétique en 2004 et 2005 commenceront à apparaître. La morosité de la conjoncture dans la zone euro, due en partie à la hausse du brut, fournit déjà quelques preuves des effets dévastateurs de la flambée du pétrole sur l'économie.

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