La Réserve fédérale porte son taux directeur à 3,5%

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Sans surprise, la Réserve fédérale américaine a décidé de poursuivre sa politique de resserrement monétaire. A l'issue de son comité de politique monétaire, les gouverneurs de l'institution dirigée par Alan Greenspan ont décidé à l'unanimité de porter le taux directeur à 3,50%. C'est le dixième relèvement consécutif du taux de refinancement interbancaire au jour le jour depuis le mois de novembre dernier.Malgré ce nouveau tour de vis, la Fed estime dans un communiqué que sa politique monétaire reste encore "accommodante" et précise que les pressions inflationnistes devraient être "contenues sur le long terme". La Banque centrale précise qu'elle pourrait poursuivre sa politique de resserrement graduel au cours de ses prochains comités mais prévient qu'elle pourrait prendre des mesures pour garantir la stabilité des prix si les perspectives économiques devaient changer.La Fed s'est également voulue rassurante sur le niveau de la croissance et de son principal moteur, la consommation. "Les dépenses semblent s'être renforcées depuis la fin de l'hiver en dépit des prix élevés de l'énergie, et les conditions continuent de s'améliorer sur le marché du travail", a souligné la Banque centrale. Cette décision était largement attendue par les économistes. A la mi-juillet, le directeur de la Fed n'avait-il pas prévenu qu'il fallait s'attendre à une politique monétaire "de moins en moins accommodante" dans les mois à venir ?Cette volonté de poursuivre une politique plus monétaire plus restrictive est essentiellement motivée par la maîtrise de l'inflation.Des craintes sur le niveau de l'inflation que les statistiques du jour ont dû en partie apaiser. Bien que la hausse de la productivité non-agricole ait ralenti à 2,2% en rythme annuel au deuxième trimestre 2005 (contre 3,2% au premier), le coût unitaire du travail - une des mesures clé de l'inflation - a nettement décéléré à +1,3% sur la période après +3,6% au trimestre précédent. Ce qui constitue la plus faible augmentation en un an.Néanmoins, des tensions inflationnistes existent. Cette hausse des prix a essentiellement deux origines, l'une interne, l'autre externe. La première est en partie alimentée par la flambée des prix sur le marché de la pierre américain. La montée en flèche des valeurs immobilières aux Etats-Unis est devenu un sujet préoccupant pour la Fed qui s'alarme d'un effondrement toujours possible du marché qui fragiliserait la consommation des ménages et donc, par ricochet, l'économie toute entière.Petite explication, aux Etats-Unis, la consommation des ménages est stimulée par des conditions de crédit très favorables, ces derniers n'hésitant pas à s'endetter pour pouvoir apaiser leur frénésie de consommation. Et ce phénomène est renforcé par l'envolée du mètre carré. Ainsi, lorsque la valeur des logements progresse, comme c'est le cas actuellement aux Etats-Unis, les ménages, via les "home equity loans", qui sont des crédits hypothécaires adossés à l'immobilier, peuvent négocier des crédits supplémentaires auprès de leur banque. Ce mécanisme, qui dope la consommation des ménages grâce à l'effet richesse induit, peut donc s'avérer dangereux en cas de retournement du marché ou de brutale remontée des taux d'intérêt. En juin, les prix à la, consommation ont enregistré une hausse de 2,5% en glissement annuel. La hausse du coût de l'énergie, alimentée par la flambée du baril de brut, est également à l'origine de l'inflation, supportée notamment par les entreprises. Même si la progression des prix à la production est restée modérée en juin selon le département du Travail (+0,1% par rapport à mai), elle s'élève à 3,6% sur un an. L'indice de base, qui ne prend pas en compte l'énergie et l'alimentation, très volatils, a quant à lui progressé de 2,2%.Reste donc à savoir quel peut être le niveau d'équilibre permettant de limiter l'inflation sans peser sur la consommation des ménages - le principal moteur de la croissance -, l'investissement et donc sur la croissance. Pour mémoire, le PIB américain a progressé de 3,4% au premier trimestre, à comparer au timide 1,4% de croissance enregistré par le Vieux Continent.

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