Le Club de Paris pourrait accorder un moratoire sélectif

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Une bouffée d'oxygène. Peu avant l'ouverture de la réunion du Club de Paris qui se tient aujourd'hui avec des représentants des gouvernements de 19 pays industrialisés créanciers, le ministre français de l'Economie et des Finances Hervé Gaymard a précisé que le moratoire sur la dette ne devrait concerner que trois pays: l'Indonésie, le Sri Lanka et les Seychelles. Ces derniers "seront les trois pays, je pense, qui accepteront cette proposition", a-t-il déclaré sur l'antenne de RFI.Les autres pays dévastés par le tsunami du 26 décembre dernier ont "un niveau moins élevé d'endettement que les autres et ne veulent pas que leur signature soit dégradée sur les marchés financiers internationaux", a précisé le ministre, évoquant notamment la Thaïlande et la Malaisie. Un moratoire risquerait en effet de rendre plus difficile ou plus coûteux leur accès aux marchés internationaux des capitaux. Les agences de notation Fitch et Standard and Poor's ont précisé qu'elles ne modifieraient pas leurs notes, à condition que le moratoire soit uniquement limité aux créances publiques.Ce moratoire sera surtout "une bouffée d'oxygène " pour l'Indonésie, a souligné Hervé Gaymard. La dette indonésienne, qui s'élève à 132 milliards de dollars, représente 80% du PIB de l'archipel. Le service de la dette aurait dû s'élever à 3,5 milliards en 2005. Pour le Sri Lanka et les Seychelles, respectivement endettés à hauteur de 9,6 milliards et 252 millions de dollars, ce moratoire pourraient leur permettre d'économiser 328 et 5,4 millions de dollars cette année. Concernant une éventuelle annulation de la totalité de la dette des pays dévastés, réclamée par la majorité des organisations non gouvernementales et par les organisateurs du prochain Forum social mondial qui se tiendra à la fin du mois à Porto Alegre, Hervé Gaymard a estimé que "traiter d'un bloc la question de la dette n'est pas tout à fait approprié parce que dans cette masse d'argent" toutes les dettes ne sont pas les mêmes.Il distingue la "dette FMI" correspondant à des prêts à des pays qui ont "une difficulté de trésorerie", les dettes contractées auprès des banques de développement comme la Banque Mondiale, et la dette bilatérale contractée auprès des autres pays."Toutes ces dettes ne sont pas des dettes scandaleuses. Surtout que la plupart du temps, les taux d'intérêts qui sont associés sont des taux concessionnels, c'est à dire préférentiels. Ceci dit, ce qui est vrai, et le président Chirac l'a dit à de très nombreuses reprises, il faut prendre le taureau par les cornes pour l'aide au développement". Il a ainsi rappelé le fait que le président de la République a maintes fois répété que le montant actuel de l'aide au développement ne suffit pas et qu'il faut créer des ressources nouvelles pour venir en aide aux pays pauvres. D'où la proposition formulée par Jacques Chirac de la création d'une taxe internationale."Nous souhaitons que ces propositions soient discutées à la prochaine réunion du G7 puis du G8 au printemps parce qu'on ne peut pas continuer comme ça". Pour prélever cette "taxe sur des transactions ou des actes économique", plusieurs options sont possibles. Une taxe sur les billets d'avion ou le kérosène pourrait être envisagée.

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