La zone euro reste à l'écart de la croissance mondiale

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Pas d'amélioration à venir. Selon les dernières prévisions réalisées par la Commission et par la Banque centrale européenne, la zone euro devrait rester à la traîne de la croissance mondiale cette année.En témoigne la croissance désespérément modérée enregistrée au cours du premier trimestre. Malgré la croissance surprise de 1% enregistrée en Allemagne ce matin (voir ci-contre), le PIB de l'Euroland n'a progressé que de 0,5% entre janvier et mars, précise l'Office européen des statistiques Eurostat. Au dernier trimestre 2004, la zone euro avait affiché une progression de 0,2% de son PIB.Pour l'ensemble des 25 pays de l'Union européenne, Eurostat estime la croissance du premier trimestre à 0,5% également, contre 0,3% entre octobre et décembre derniers. "Si une telle progression du PIB allemand est difficile à expliquer tant que les détails des comptes ne seront pas publiés, le cas de l'Italie, dont le PIB a reculé de 0,5% au premier trimestre après s'être déjà replié de 0,4% le trimestre précédent, n'est pas surprenant. La Péninsule doit faire face à une forte dégradation de sa compétitivité à l'international", explique Olivier Gasnier à la Société Générale, interrogé par latribune.fr."D'indispensables restructurations dans le secteur industriel doivent être rapidement menées pour que les entreprises italiennes regagnent des parts de marchés à l'étranger. De plus, la marge de manoeuvre du gouvernement, confronté à une très nette dégradation des finances publiques, devrait être limitée, une politique d'austérité s'avérant nécessaire", ajoute l'économiste.Pour mémoire, l'Allemagne et l'Italie représentent respectivement 30% et 18% du PIB de la zone euro.Les performances trimestrielles de la France - 22% du PIB de l'Euroland - ne sont pas encore connues, leur publication ayant été annulée en raison d'un changement de base. "Mais nos estimations pointent vers une croissance de 0,5-0,6%, après 0,9% au quatrième trimestre 2004. Un chiffre correct, inférieur toutefois à celui de l'Allemagne en raison de moins bonnes performances sur les marchés extérieurs, mais qui repose largement sur le boom de la consommation de produits manufacturés en janvier et sur une très bonne performance de l'investissement logement", explique Nicolas Bouzou au Xerfi.Cette progression du PIB ne devrait toutefois pas durer. Pour le deuxième trimestre, Eurostat abaisse de 0,1 point sa prévision de croissance, comprise désormais entre 0,2% et 0,6%. Une progression identique du PIB est attendue au cours du troisième trimestre."Il est à craindre que la zone euro ait mangé son pain blanc pour cette année. Face à une conjoncture qui se dégrade chez ses principaux partenaires (Royaume-Uni et même aux Etats-Unis), la zone euro devrait subir au deuxième trimestre le ralentissement du commerce mondial. Les cours des matières premières industrielles devraient continuer de progresser, mettant encore les marges industrielles et les capacités d'investissement sous pression. Enfin, avec un taux de chômage qui frise les 9%, il est difficile d'anticiper un rebond de la consommation des ménages", ajoute Nicolas Bouzou.Avant la publication des chiffres allemands, la BCE avait abaissé sa prévision de croissance pour la zone euro cette année et en 2006 à 1,6% et 2%, contre 1,8% et 2,1% annoncés en décembre dernier. Des chiffres qui sont bien loin des 2,9%, 3,7% et 8% attendus au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Chine pour 2005.

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