L'affaire Fazio pousse le ministre italien de l'Economie à la démission

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"Je ne pouvais plus continuer": le ministre italien des Finances Domenico Siniscalco a présenté ce matin sa démission à son Premier ministre Silvio Berlusconi. Cette phrase lâchée par le ministre est révélatrice de l'ambiance qui règne en ce moment au sein du gouvernement.Le départ volontaire de Domenico Siniscalco survient un an après la démission de son prédécesseur Giulio Tremonti. Le ministre de l'Economie a déclaré qu'il démissionnait en raison de "l'immobilité absolue du gouvernement [...] qui est incapable de résoudre la crise". "C'est pour cette raison que je suis scandalisé" a-t-il conclu. L'ancien ministre de l'Economie Giulio Tremonti a été nommé par Silvio Berlusconi et va donc retrouver son ancien poste.La crise que Domenico Siniscalco évoque est "l'affaire Fazio". En effet, le gouverneur de la Banque centrale Antonio Fazio est fortement soupçonné, preuves à l'appui, de ne pas avoir respecté l'impartialité de sa fonction dans le cas de l'OPA de la banque néerlandaise ABN Amro sur l'italienne Antonveneta. Le gouverneur de la banque d'Italie aurait favorisé la montée d'une autre banque italienne BPI dans le capital d'Antonveneta pour faire échouer l'offre d'ABN Amro. Grâce à des enregistrements audio, l'Italie entière a découvert les relations "très amicales" d'Antonio Fazio avec le président de BPI, Gianpiero Fiorani.A la suite de cette affaire, plusieurs membres du gouvernement dont Domenico Siniscalco ont demandé expressément la démission d'Antonio Fazio. Mais depuis plusieurs semaines, le gouverneur s'entête à résister aux pressions des ministres, mais aussi de grand patrons italiens comme Luca Cordero di Montezemolo, patron de Fiat et surtout du patronat italien (voir ci-contre). Le président du conseil italien Silvio Berlusconi a d'ailleurs jugé jeudi soir, après le départ de Domenico Siniscalco, que le maintien d'Antonio Fazio à son poste de gouverneur serait "incompatible avec la crédibilité de l'Italie".Mais il semble que le départ du ministre des Finances soit également lié à la présentation du budget 2006 qui est prévue dans dix jours. Le projet de loi de finances de Domenico Siniscalco suscite de nombreuses critiques au sein même du gouvernement. Son budget est avant tout placé sous le signe de la rigueur alors que l'Italie croule sous un déficit public qui devrait dépasser 4% du PIB cette année et 5% en 2006.Le déficit public italien avait déjà provoqué l'an passé le départ de l'ancien ministre de l'Economie Giulio Tremonti. Cette année, ce problème n'est toujours pas réglé et s'y ajoute celui de l'affaire Fazio. Mercredi, le Fond Monétaire International s'est inquiété des répercussions du scandale sur la crédibilité de la Banque centrale, déjà bien entachée. La démission du ministre de l'Economie ne va rien arranger.

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