Le chômage américain lui aussi victime des ouragans

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Si les chiffres de l'emploi pour septembre ne seront publiés que dans quelques jours, il y a fort à parier qu'ils seront plombés par les ouragans Katrina et Rita qui se sont abattus sur le Sud des Etats-Unis. Les spécialistes se concentrent principalement sur la Louisiane, dont la plus grande ville, La Nouvelle-Orléans, a été ravagée. L'Etat se classe déjà parmi les plus pauvres des Etats-Unis, derrière la Virginie Occidentale, le Mississippi et l'Arkansas. La croissance du PIB de la Louisiane, dont l'activité économique repose sur un nombre restreint de secteurs (principalement l'énergie, le tourisme et le transport par containers), ne s'est affichée, au deuxième trimestre de cette année, qu'en hausse de 2,2% par rapport au deuxième trimestre de l'an dernier, soit largement en dessous de la moyenne nationale (3,6%). "Et si le taux de chômage de l'Etat, à 5,6% est relativement proche de la moyenne nationale (4,9% en septembre), c'est avant tout en raison de la stagnation de la population", remarque Steve Cochrane, économiste régional à l'institut Economy.com. De plus, alors que dans la ville de La Nouvelle-Orléans, le taux de chômage se situait, en juillet, sur des niveaux là aussi proches de la moyenne nationale, l'agglomération, qui compte 1,3 million d'habitants, représente à elle seule 47% du total du marché de l'emploi dans l'Etat. Or, ce taux pourrait exploser en septembre, les habitants étant, dans les décombres de la cité, forcément au chômage technique. Pour des citoyens dont le niveau de vie est déjà largement inférieur à la moyenne nationale, puisque le revenu médian par foyer se situe à 35.000 dollars, contre 44.684 dollars sur l'ensemble du pays, l'ouragan Katrina a donc été on ne peut plus dévastateur. De même, les zones touchées par Katrina représentent, en Louisiane, 69% de la totalité de l'économie de l'Etat, contre seulement 15% pour les régions touchées dans le Mississippi et 9% dans l'Alabama. Pis, si, lors des cyclones précédents, les efforts de reconstruction ont pu commencer dans les semaines qui ont suivi la catastrophe pour culminer sur les six mois qui suivirent, ce ne sera sans doute pas le cas en Louisiane. A peine la ville asséchée après le passage de Katrina, les eaux apportées par Rita ont de nouveau envahi une partie de la ville. "Nos estimations, encore très vagues, sont plutôt pour un début des opérations de reconstruction dans les deux mois qui viennent, avec une période de neuf mois à un an d'effort, apportant de fait des emplois aux habitants", avance Steve Cochrane. Les Louisianais, en général peu éduqués, et qui ont vu passer ces dernières années le train de la modernisation économique sans pouvoir le prendre, pourront donc quand même à ce moment-là trouver de quoi s'occuper aux travaux, peu qualifiés, de la reconstruction.

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