Une grève, des manifestations, pour quoi faire ?

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Inévitable, ce "bizutage" devrait fournir une nouvelle illustration des limites d'un rituel bien français qui pousse plusieurs centaines de milliers de personnes à descendre dans la rue pour réclamer des revenus supérieurs et davantage d'emplois.Qui peut être contre de telles revendications? Personne, évidemment. Pas même le Medef dont la présidente Laurence Parisot assurait hier soir sur LCI qu'elle "peut s'approprier ces mots d'ordre". D'où une deuxième interrogation: pourquoi ces revendications ne sont-elles pas satisfaites? Aujourd'hui, pour l'essentiel, c'est le secteur public qui proteste et revendique. En donnant raison aux manifestants et aux grévistes, en ayant même anticipé le conflit, les dirigeants de l'Etat actionnaire auraient fait d'une pierre deux coups: ils auraient maintenu la paix sociale; ils auraient soigné leur popularité à dix-huit mois d'échéances électorales cruciales. Il leur faut donc de bonnes raisons pour choisir d'affronter ce mécontentement.Ces raisons sont connues et chiffrables. La dette publique dépasse mille milliards d'euros et son service représente désormais le deuxième poste budgétaire de la Nation, juste après l'Education nationale. Le déficit est de 46,8 milliards d'euros pour la seule année 2005, et les économistes sont unanimes à douter que la promesse d'un déficit de 2,9% du PIB l'an prochain sera tenue. Précisément au nom de l'emploi, l'Etat ne supprimera qu'un peu plus de 5.300 postes de fonctionnaires, là où il s'était engagé à ne remplacer qu'un départ à la retraite sur deux, ce qui se serait traduit par une diminution des effectifs six fois supérieure. Bref, l'Etat n'a pas les moyens de céder aux revendications.Il en va différemment sur un dossier ponctuel, face à une revendication brutale et efficace, comme la SNCM vient d'en offrir une malheureuse démonstration. Le mouvement d'aujourd'hui n'aura assurément pas les mêmes conséquences immédiates. Il est un test de mobilisation, en forme d'avertissement. Face un Etat aussi démuni, il n'est pas sûr que cette démarche soit la bonne.

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