La consommation continue de tirer la croissance outre-Atlantique

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L'horizon est clair outre-Atlantique. Après la nette accélération de l'indice ISM manufacturier enregistrée hier (lire ci-contre), ce sont au tour des dépenses et des revenus des ménages de témoigner de la bonne santé de la première économie mondiale.Selon le département du Commerce, les dépenses de consommation des ménages ont augmenté de 0,8% en juin par rapport à mai. Une statistique en ligne avec le consensus des économistes.De leur côté, toujours selon le département du Commerce, les revenus des ménages américains progressent également sur la période. Ils affichent une hausse de 0,5%, dépassant légèrement les estimations des économistes, ces derniers ayant préalablement tablé sur une progression plus modérée, aux alentours de 0,4%.De fait, la consommation constitue à nouveau le principal moteur de l'économie américaine. Toutefois, outre le fait que les dépenses des ménages creusent systématiquement le déficit commercial, retirant ainsi quelques points à la croissance, ce pilier de la croissance est fragile."Les ménages américains profitent de conditions de crédit très favorables. Ils s'endettent pour pouvoir apaiser leur frénésie de consommation. Et ce phénomène est renforcé par l'envolée des prix sur le marché immobilier. Ainsi, lorsque la valeur des logements progresse, comme c'est le cas actuellement aux Etats-Unis, les ménages, via les "home equity loans", qui sont des crédits hypothécaires adossés à l'immobilier, peuvent négocier des crédits supplémentaires auprès de leur banque", explique Marie-Pierre Ripert, économiste chez Ixis CIB interrogée par latribune.fr."C'est un excellent stimulus pour la consommation, grâce à l'effet richesse induit, mais en cas de retournement du marché ou de brutale remontée des taux d'intérêt, le pari peut s'avérer risquer", estime l'économiste.Le moteur de la consommation intérieure pourrait donc se gripper si les taux d'intérêts devaient repartir à la hausse au cours des prochains trimestres. "Pour l'instant, cette hypothèse est exclue. Néanmoins, lors des ses dernières interventions, le président de la Fed, Alan Greenspan a commencé à évoquer les risques que faisaient peser la surchauffe du marché immobilier sur l'économie américaine", ajoute Marie-Pierre Ripert.Une accélération de la hausse du taux directeur, actuellement fixé à 3,25%, pourrait donc permettre à la Fed de faciliter un "atterrissage en douceur" du marché de la pierre américain. Une stratégie qui a porté ses fruits au Royaume-Uni. Le taux directeur de la Banque d'Angleterre, porté de 3,5% à 4,75% entre novembre 2003 et août 2004, a permis une quasi stabilisation des prix immobiliers, sans effondrement des valeurs, tout en préservant le dynamisme de la consommation des ménages. Réponse le 9 août prochain, date à laquelle se tiendra le prochain comité de politique monétaire de la Fed.

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