La croissance américaine accélère en 2004

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En dépit d'un léger ralentissement observé entre octobre et décembre, l'économie américaine a renoué avec la croissance en 2004. Selon le département du Commerce, le PIB américain a progressé de 4,4% l'année dernière, largement au dessus de son potentiel de croissance qui, selon les économistes, s'élèvait à 3,5%. Un sommet depuis depuis 1999. Pour mémoire, le PIB de la première économie mondiale avait respectivement progressé de 1,9% et 3% en 2002 et 2003. Au quatrième trimestre, affectée par la hausse automnale des cours du brut et par la forte augmentation du déficit commercial, l'économie américaine a progressé à un rythme inférieur à celui anticipé par les économistes. Après une croissance de 4% au troisième trimestre, le PIB américain affiche une hausse de 3,1%, contre 3,5% attendu par le consensus. C'est la plus faible croissance enregistrée par l'économie américaine depuis le premier trimestre 2003.En hausse de 3,8% sur l'ensemble de l'année, la consommation des ménages a joué un rôle moteur dans le ressaisissement de l'économie américaine. Une consommation dopée par l'amélioration de la situation marché du travail, les Etats-Unis ayant créé 2,2 millions d'emplois en 2004, contre 61.000 destructions l'année précédente. Les dépenses globales des ménages ont toutefois un impact négatif sur la croissance américaine en pesant sur le balance commerciale. Selon le département du Commerce, le déficit commercial enregistré l'année dernière a coûté 0,61 point de hausse du PIB. Grâce à des investissements en hausse de 10,3%, soit une progression multipliée par trois par rapport à 2003, les entreprises ont également joué un rôle non négligeable dans l'accélération de la croissance américaine.Pour dynamiser l'économie, le gouvernement a utilisé l'arme budgétaire. Mais, revers de la médaille, les allègements d'impôts destinés à stimuler la consommation des ménages ainsi que les mesures de soutien fiscal à l'investissement des entreprises ont aggravé le déficit budgétaire fédéral.Cette hausse conjuguée des déficits commercial et budgétaire, les "twins déficit", ainsi baptisés de l'autre côté de l'Atlantique, explique en partie la défiance des investisseurs face au dollar, provoquant notamment l'appréciation de l'euro et du yen. Si cette dépréciation du billet vert affecte la compétitivité des entreprises européennes, elle ne bénéficie pas pour l'instant à leurs homologues américaines. En témoignent les dernières statistiques du commerce extérieur américain. Au dernier trimestre 2004, les importations ont bondit de 9,1% tandis que les exportations ont reculé de 3,1%."Et cette situation devrait perdurer au cours du premier semestre 2005. La consommation des ménages, stimulée par le retour des créations d'emplois, devrait continuer à progresser. Mais elle devrait également aggraver le déficit commercial des Etats-Unis et peser mécaniquement sur la croissance", explique Marie-Pierre Ripert chez Ixis CIB." De fait, le taux de croissance devrait décélérer l'année prochaine pour se rapprocher de son potentiel", ajoute l'économiste.

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