Déficit américain, la fin de l'impunité ?

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45,7 milliards de dollars en un mois. L'appétit des acheteurs étrangers de "Treasury bonds" n'a certes rien d'anémique. Mais le volume de transactions au mois de mars représente donc à peine la moitié des chiffres moyens enregistrés au cours des deux mois précédents. Et beaucoup moins que ce que les experts du Trésor avaient prévu.De là à voir dans ces chiffres les prémices d'un scénario catastrophe, il y a un pas qu'il serait encore imprudent de franchir. Cette mauvaise surprise offre néanmoins l'occasion de rappeler quelques réalités.L'Amérique emprunte 1,8 milliard de dollars par jour, soit 2.250 dollars par an par Américain, adultes et enfants confondus.Que se passe-t-il si les prêteurs chinois (223 milliards de dollars de bons du Trésor en caisse) et japonais (680 milliards) se mettent à déserter durablement? Pour fournir sa boulimie, l'Amérique doit trouver d'autres bailleurs de fonds et mieux les rémunérer, se résoudre à dépenser moins et à épargner plus. Toute la question est de savoir si elle peut le faire sans souffrir d'une récession, et entraîner le reste du monde dans son sillage.Le système continue à fonctionner aujourd'hui pour deux raisons essentielles. Les placements en bons du Trésor inspirent confiance. Et la demande en capital du secteur privé américain est relativement modérée, ce qui laisse la place au gouvernement fédéral pour financer son déficit.Sur les marchés, la confiance peut disparaître à tout moment, comme vient de le rappeler l'ancien secrétaire au Trésor Robert Rubin. Le besoin de financement public américain, en revanche, explose: 5.000 milliards de dollars de déficit budgétaire dans les dix ans à venir, 4.000 milliards pour la retraites et... 20.000 milliards pour la santé, l'assurance médicale aux personnes âgées et handicapées.La question n'est plus de savoir si cette boulimie américaine finira par être sanctionnée, mais quand et à quel prix. Le moment de vérité viendrait sans doute plus tard et serait indubitablement moins douloureux si les Etats-Unis s'attaquaient enfin à la dérive de leurs finances publiques.

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